René Carde, 105 ans, est-il le doyen des Gersois ?

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Alerte et avenant, le plus que centenaire force l'admiration de par sa lucidité et son autonomie intacte

Tout aussi robuste qu’un chêne centenaire, René Carde affiche allègrement ses 105 ans, il faut le voir pour le croire. Hier après-midi, il balayait la cour de sa ferme et poussait la brouette chargée de feuilles, histoire de se montrer utile et de maintenir sa forme. Mieux que cela, René Carde n’hésite pas à gravir une échelle pour monter sur le toit du poulailler et remettre quelques tuiles à leur place ou encore grimper dans le cerisier pour y cueillir les cerises. Cet homme est un phénomène et il  ne le sait pas, à moins qu’il se la joue modeste.

Mais une certaine nostalgie le gagne quand il avoue sa passion pour la chasse : « J’ai rendu mon permis de chasser à 98 ans, depuis je ne vais plus à l’affût des palombes. La chasse aux lapins et aux perdreaux, c’est fini tout comme celle des lièvres, je me rappelle qu’à la fin de la guerre, j’en avais tué 13 ».

Charlotte son épouse, 96 ans, il l’a connue lors des vendanges à En Delibes à Crastes, par la suite le mariage a eu lieu le 25 septembre 1941, à Crastes « où nous n’avons pas fait de frais car nous n’étions pas très aisés », glisse Charlotte. Laquelle a suivi son mari sur la propriété des parents de son époux à Lavardens où René est né un certain 19 juin 1914. Le couple ne resta que quelques mois à Lavardens  pour revenir à « En Carreté », à Crastes.  « René m’a suivie à la ferme de mes parents », précise Charlotte. Et pour ne pas se laisser déborder par la verve de son épouse, René poursuit : « Pendant un certain temps, je fis le facteur et j’allais travailler comme ouvrier agricole chez les voisins. Puis, au décès de mon beau-père, il avait 72 ans, je l’ai remplacé pour travailler l’exploitation de 7 ha. Nous avions une paire de bœufs pour tirer la charrue et il fallait la tenir ».

Même si le temps de la guerre a été un moment difficile, « le plus dur, estime-t-il, car on ne trouvait pas grand-chose comme produits de première nécessité, on donnait du blé pour avoir du pain ».  

Aujourd’hui, Charlotte et René Carde coulent une retraite paisible entourés de leurs trois enfants, deux filles qui ont 72 ans et 70 ans et un garçon de 55 ans. Lesquels, en toute vraisemblance, bénéficieront des gènes de leurs parents et même de leurs grands parents paternel puisqu’ils sont décédés à l’âge de 99 ans et 96 ans.

Mais peut-on finir ce rendez-vous avec René Carde sans lui demander quel est le secret de sa longévité : « Je ne sais pas mais je peux vous dire que je n’ai jamais fait la « bombe », pris de remèdes, pas eu d’opérations et pas de vaccin contre la grippe », révèle-t-il.

Rendez-vous est pris pour ses 106 ans, le 19 juin 2020, avec l’interrogation de savoir s’il est le doyen des Gersois !

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