La Cave de Nogaro aide Via Sahel à trouver de l'eau au Mali

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L'ONG creuse des puits et enseigne le maraîchage

Une idée émise en 2013 par Jean-Louis Le Breton (1) a fait son chemin à la Cave coopérative de Nogaro « Les Hauts de Montrouge » : vendre une cuvée de vin blanc 1 euro de plus par bouteille et donner cet euro à l'association Via Sahel Gascogne. Ce 30 mars 2016, Patrick Farbos, président de la Cave, a remis à Patrick Robert, président de l'association un chèque de 2138 euros. Cette somme correspond aux 1938 bouteilles vendues en 2015, à laquelle la Cave a ajouté 200 euros.

Le partenariat avec cette ONG occupe une place à part parmi les partenariats dans lesquels s'est engagée la Cave des Hauts de Montrouge. Et Patrick Farbos souligne que cet engagement est solide et durable. L'idée que des agriculteurs aident d'autres agriculteurs lui a plu. Et Patrick Robert, président de Via Sahel Gascogne, confirme que de plus en plus d'organismes agricoles apportent leur aide.

Relever 2 défis

Il énumère les principaux défis auxquels les Dogons sont confrontés, dans leur région du Mali où l'ONG est présente : l'accès à l'eau, à la nourriture et à l'école. S'agissant de l'école, l'ONG n'est pas assez puissante pour créer et soutenir un établissement. En revanche, elle agit dans l'accès à l'eau et la création de jardins maraîchers.

Là où habitent les Dogons, c'est une plaine semi-désertique où la pluviosité a diminué depuis 30 ans. Une falaise s'étend du sud-ouest au nord-est sur 260 km. Via Sahel fait creuser et maçonner des puits au pied de la falaise. Le principe est que les villageois creusent et les maçons, payés par l'ONG, construisent le puits, avec margelle et clôture pour la sécurité et l'hygiène. Via Sahel « aide en responsabilisant les populations » et travaille en collaboration avec les maires et le conseil des anciens pour la sélection des sites de puits. 12 villageois creusent, transportent sable et gravier pendant les 3 ou 4 mois que durent les travaux. Via Sahel Gascogne encadre les travaux, fournit ciment, ferraillage, dynamite etc., ainsi que l'outillage. L'eau est quasi-gratuite.

Un puits coûte 2 500 à 3 500 euros. L'entretien est peu coûteux : les villageois y participent en payant 1 c d'euro l'eau qu'ils puisent.

Une fois que le puits existe, Via Sahel crée un jardin maraîcher sur 1 ha, qui permet de nourrir un millier de personnes. Les villageois y cultivent tomates, betteraves, haricots verts, salades, alors que leur nourriture habituelle est à base de mil et de fonio (2).

Un effort pédagogique est nécessaire avec les villageois, explique Patrick Robert. Par exemple, ils refusent, apparemment pour des raisons religieuses, de mettre quelques gouttes de chlore chaque jour dans les citernes d'eau. Ou encore, ils laissent pousser trop longtemps les radis etc. Cependant, les résultats sont là : les mariages sont plus nombreux là où il y a des puits...

(1) Éditeur du Canard gascon et auteur de pièces de théâtre et de romans policiers fixé à Arblade-le-Haut. (2) céréale sans gluten avec laquelle on fait du couscous, du pain et dont la valeur nutritionnelle est équivalente à celle du riz.

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Patrick Robert, Patrick Farbos et Agnès Bernard, vice-présidente de Via Sahel Gascogne
Patrick Robert
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Agnès Bernard
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Agnès Bernard, Patrick Farbos, Patrick Robert et Élodie Jasiak, chef du service communication de la Cave
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