Menu

Le long chemin parcouru pour l'éducation des filles à Plaisance

IMGP7163.JPG

De L'école libre du "Tiers Ordre de Marie" au Couvent à L'école laïque filles Olléris

Samedi, salle du cinéma l'Europe, dans le cadre des conférences de la "Mésange Bleue" Jean-Dominique Lartigue proposait de découvrir le long chemin parcouru par les filles pour leur éducation.

Dans la salle, nombreux étaient les anciens élèves, hommes et femmes, scolarisés à Plaisance dans les établissements scolaires privés ou publics ; ils ont revu avec plaisir un parcours de plus d'un demi siècle.

Parmi les présents, Madame Fernande Richelle qui porte allègrement ses 99 ans et quelques mois, a pu elle aussi revivre une partie de son parcours d'enseignante.

La trace la plus ancienne d'un enseignant à Plaisance remonte à 1473 avec la présence "d'ou Mesté d'Escolas Ramon Cortiada alias Gorret"  , d'autres ont suivi depuis lors. 

Depuis la loi Falloux du 15 mars 1850, l'enseignement est partagé entre le public géré par l'Etat et le privé ou libre géré par des associations ou des congrégations.

L'école congréganiste du Tiers Ordre de Marie, école libre pour jeunes filles, fut un temps située rue Sainte Quitterie avant de déménager "au Couvent" rue Saint-Nicolas.

En 1866, rue Sainte-Quitterie, la mère Supérieure se nommait Thérèse Thalazal, Soeur Modeste, et les religieuses s'appelaient Mlle  Lacassin, Soeur St-Laurent, Mlle Caillavet ,Soeur Anastase, Mlle Esqueret, Soeur St-Bazile, Mlle Sayé, Soeur St-Denis et Mlle  Lannesiert, Soeur St-Martin.

Rue Saint-Nicolas, au "Couvent" en 1875, c'est Marie Lacassin qui est Mère Supérieure et institutrice. Elle était épaulée par les religieuses : Mesdemoiselles Berges, Moudène et Pons.

Aujourd'hui, les bâtiments existent encore et sont occupés par la salle de cinéma l'Europe pour une partie et des logements communaux pour l'autre.

La salle de cinéma actuelle se nommait durant la première moitié du XXème siècle la salle "Jeanne d'Arc" et était la salle des fêtes ou de sports de l'école.

M. Jugo y projetait des films ; s'y jouaient des pièces de théâtre et des ballets.

Plaisance du Gers Le Couvent école libre de filles

Ci-dessus, une vue de l'école prise depuis la rue Saint-Nicolas.

Là, se trouvaient quatre salles de classe qui donnaient sur la cour intérieure et le jardin potager. Toujours au rez de chaussée, on trouvait le salon, le piano, l'ouvroir, tenu un temps par Mademoiselle Gabrielle, le réfectoire et enfin les cuisines.

A l'étage, se trouvaient les chambres, le dortoir des jeunes filles, pour 30 pensionnaires, et le grenier dans lequel se trouvaient entre autres les malles qui contenaient tous les costumes de fêtes.

Mademoiselle Fauqué fut longtemps directrice et les enseignements furent dispensés un temps par Mademoiselle Marguerite dans les années 1920-1930.

Ci-après, on peut apercevoir la façade arrière du bâtiment principal de l'école qui donnait sur la Rue Adour (route de la gare ou route de Préchac sur Adour).

A partir de 1886, l'école sera "concurrencée" par l'ouverture de l'école laïque de filles "Olléris" rue Sainte Quitterie qui est aujourd'hui l'école primaire de Plaisance.

Au tout début du XXème siècle, l'équipe enseignante (soeurs) se compose de Mlle Suzanne Lascombes (Directrice) épaulée par Mlle Marie Bourrut (Adjointe), Mlle Henriette Ladet et Mlle Alexia Saintou. Cette dernière s'occupait de la maternelle.                           

Du côté du personnel technique, on trouvait en 1901: Mlle Suzanne Darucca comme lingère, Mlle Laurentine Latapie, comme cuisinière et Mlle Marie Costes était domestique.

 Ci-dessous, une vieille photo de la classe enfantine de Mlle Saintou en 1902.

 

 

Plaisance du Gers Le Couvent école libre de filles

 

Après la laïcisation de 1905, les religieuses furent contraintes de partir ou d'abandonner l'habit. C'est la deuxième option que choisirent les sœurs à Plaisance, comme on peut le constater sur la photo ci-dessus.

Sur cette photo datant de 1918,  on reconnaît à gauche Mlle Faucqué, directrice.

 Sur la photo ci-contre à droite datant de 1926 toujours au Couvent, on reconnaît Mlle Marguerite, institutrice, deuxième à partir de la gauche au dernier rang en haut et Mlle Faucqué debout à droite à l'avant dernier rang.

On reconnaît aussi Henriette Vicaut, brodeuse (voir plus bas) debout au 4ème rang, la 5ème en partant de la gauche.

 

Plaisance du Gers Le Couvent école libre de filles

On reconnaît l'abbé Bordes, curé de Plaisance au milieu.

Couvent Plaisance du Gers 1926 école privée libre de fille

 Les jeunes filles étaient accueillies dès 5 ans et pouvaient y rester jusqu'à l'âge de 16 ans.

Les garçons fréquentaient l'école libre jusqu'à l'entrée au cours élémentaire.

L'école de Frères des Écoles Chrétiennes, située dans l'ancien hospice, actuel collège (1865-1885)  puis rue Armagnac prenait le relais.

 Ci-contre à gauche une photo prise lors de la Fête Dieu en juin 1933.

 Sur la photo de 1943/1944, ci-contre à droite, on trouve au centre Mlle Gabrielle surnommée par les enfants "Tatie-Co". Elle s'occupait de l'ouvroir et des plus petits. 

L'ouvroir était, à l'époque de l'école, destiné aux jeunes filles qui ne souhaitaient pas poursuivre leurs études. Elles y apprenaient l'art de la couture entre autres. A gauche de Mlle Gabrielle (à droite sur la photo), avec lunettes, Mlle Fauqué.

Une photo de l'ouvroir du Couvent en 1958 lors d'un concours de couture.

Mme Henriette Vicaut était brodeuse et y donnait des cours de broderie pour les adultes

L'école laïque de filles "Olléris" à Plaisance du Gers

Partie ancienne de l'école à gauche (maison Dubuc 1830-1840)  et extension ultérieure à droite (1880-1890)

L'école laïque pour jeunes filles appelée couramment "écoles des filles" voit le jour suite aux lois Ferry de 1882 qui rendent l'école obligatoire pour tous les enfants de 6 à 13 ans. Elle était située rue Sainte-Quitterie. Au même endroit, depuis 1962, elle tient lieu d'école primaire mixte et a été réhabilitée en 2017/2018.

L'école porte le nom d'un illustre enfant de Plaisance du XIXème siècle, Alexandre Olléris (1808-1895), historien, doyen honoraire de faculté et Chevalier de la Légion d'Honneur qui fit don à la commune d'une importante somme d'argent pour la création d'une section enfantine à l'école des filles récemment ouverte. 

Sans descendance directe, Alexandre Olléris fit aussi don à la ville de Plaisance du Gers d'une impressionnante collection de livres de sa bibliothèque personnelle. Une salle portant son nom en Mairie puis la bibliothèque municipale Olléris et enfin la médiathèque intercommunale ont conservé et conservent toujours ses précieux ouvrages.

Ci-contre à gauche : le buste d'Alexandre Olléris .

A. Olléris (1808-1895)

En 1882, la commune achète la propriété (maison et jardins) des héritiers d'un ancien instituteur de Plaisance, Jacques Dubuc, afin d'y installer la nouvelle école. 

La première institutrice fut Mlle Charlotte Galouye-Albert rapidement épaulée par Mlle Jeanne-Marie Quéreilhac afin de faire face à l'augmentation rapide des effectifs.

Les trois salles de classe qui longent aujourd'hui encore la rue Sainte-Quitterie ne seront construites qu'en 1891 sous le mandat du maire républicain M. Frédéric Maur et sur des plans de l'architecte et ingénieur gersois M. Bertrand habitant Mirande.

La classe enfantine en partie financée par M. Olléris vit le jour un an plus tard dans le bâtiment historique. Il faut noter que l'ouverture d'une classe enfantine fut refusée par le précédent conseil municipal, bonapartiste, au début de l'année 1886 afin de na pas pénaliser l'école libre.

 

Ecole des filles  primaire élémentaire Plaisance du Gers Olleris 1917 autrefois

  Ci-contre, une photo de la classe enfantine de l'école sur laquelle on peut reconnaître Anna Saint-Jean née Léonard, fille de Jean-Marie Léonard de Rapine (à gauche) et l'institutrice (à droite).

   Mme Saint-Jean était l'une des toutes premières "gardiennes d'enfants" aujourd'hui appelées assistantes maternelles. Elle est âgée de 64 ans sur ce cliché qui date de 1917.

  Mme Célina Aubas (née Labadie) de Tasque était la directrice de l'école Olléris à l'époque et enseignait aux plus grandes.

Son époux, M. Aubas était directeur de l'école Pasteur  (actuel collège).

 Ci-contre à droite, on peut lire quelques lignes écrites à l'encre rouge par Mme Aubas il y a un siècle en 1919.

 Au début du XXème siècle et jusqu'à l'agrandissement consécutif à l'arrivée des garçons au début des années 1960, l'école a la structure ci-contre. La maternelle n'existait pas à l'époque et les "petits" de moins de 6 ans étaient regroupés dans la classe enfantine qui était souvent mixte. 

Dans les années 1920-1930 seules 2 des 3 classes longeant la rue Sainte-Quitterie étaient utilisées pour les cours élémentaire, moyen et supérieur. La troisième tenait lieu de salle de projection, de répétition ou de distribution des prix.

Sous le préau était stocké le bois pour les poêles. La cour était plantée de tilleuls et d'acacias. Toujours dans les années 1930, il y avait 3 institutrices : Mme Laffargue (dir.) pour les CM-CS, Mme Dubouch pour les CE-CM et Mlle Lagnoux pour le cours enfantin.

Ecole primaire élémentaire Plaisance du Gers Olleris

Ci-contre, l'ensemble de l'école des filles en 1924. Deux institutrices sont présentes sur la photographie. Mme Laffargue (1884-1969) née Loumagne, à gauche, était la soeur de Mme Laclaverie (1880-1966), institutrice qui enseignait à l'école voisine Pasteur. Elles étaient nées à Samouillan près de Saint-Gaudens en Haute-Garonne. La deuxième institutrice est peut-être Mme Bénac, épouse de M. Bénac, directeur adjoint du cours complémentaire de garçons

Ecole plaisance du gers olléris rue sainte-quitterie élémentaire primaire 1922 années 20 autrefois

 

 Ci-contre, le Certificat d'Etudes Primaires (C.E.P.) qui sanctionnait la fin des études primaires. Moins d'un écolier sur deux parvenait à obtenir ce diplôme prestigieux. Les enfants présentaient le certificat d'études entre 11 et 13 ans.

Cet exemplaire fut  délivré à Plaisance du Gers le 19 juin 1936. Document : Mme Simone Lartigue née Lavedan

Ci-contre, une photographie de la classe enfantine de Mme Saramon en 1951 prise devant le logement de fonction. Les garçons et les filles sont encore ensemble avant que les garçons ne rejoignent l'Ecole Pasteur  pour suivre les enseignements du cours élémentaire de MM. Fort et Saramon.  On peut noter l'importance de l'effectif des "baby-boomers" d'après-guerre.          

Document : M. J. J. Susserre

Ecole primaire élémentaire Plaisance du Gers Olleris 1951

 

école des filles plaisance du gers élémentaire primaire rue sainte-quitterie annés 50

Ci-contre, la classe du cours élémentaire vers 1953. La maîtresse n'est autre que Mme Brun, épouse du directeur de l'école de garçons Pasteur.

Mme Barrez était alors directrice et enseignait au cours moyen. Les salles du cours élémentaire  et du cours moyen se trouvaient contre la rue Sainte-Quitterie.

Ci-contre, les quatre maîtresses de l'année scolaire 1960-1961 avant l'arrivée des garçons. On reconnait de gauche à droite : Mme Dorbessan (directrice), Mme Saramon, Mlle Rivière et Mme Richelle.

Ci-dessous, les instituteurs en 1970 : M. Robert (dir.), Mme Saramon, Mme Dufau, Mme Richelle, M. Manciet, Mlle Rivière et Mme Constans devant le vieux tilleul.

Documents : Mme F. Richelle

Ci-contre à droite, l'agencement de l'école tel qu'il était dans les années 1960/70/80 après l'ajout de 2 salles dans l'ancien préau qui longeait la rue Basse. Il y avait les 5 niveaux de l'école primaire auxquels s'ajoutait la classe de perfectionnement.  Le nouveau préau fut réalisé au début des années 1980.

Ecole primaire élémentaire Plaisance du Gers Olleris 1985

A gauche, une photo de la classe de CM1 de M. Sayssac en 1985 prise du sud de la cour et qui permet de visualiser une bonne partie de l'école dirigée alors par M. Robert.

Ecole primaire élémentaire Olléris Plaisance du Gers

 

Contact

IMGP7166.JPG
Un public intéressée par la qualité de la conférence
IMGP7167.JPG
Madame Richelle (au premier plan) a pu revivre une partie de son parcours
Suggestion d'articles
Commentaires d'articles
Suggestion d'articles