Revenons sur nos pas : au temps de la fenaison...

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Quand arrive le début de l'été, dans les prés l'herbe est arrivée à maturation : la fenaison peut commencer.

Aujourd’hui les machines font l’essentiel des activités mais autrefois, il n'en était pas de même !

Revenons sur nos pas...

Le paysan partait le matin de bonne heure quand l'herbe était encore légèrement humide pour une meilleure taille avec la fauche.

Je me rappelle que la faucheuse était une Pujena équipée d' une lame de 1 m 50 constituée de multiples sections triangulaires qu'il fallait aiguiser.

C'était la mobilisation pour le travail à la meule car nous n'avions pas de meule électrique : il fallait tourner la manivelle.

C'était une tâche primordiale dont dépendait la qualité du fauchage.

Il n'y avait pas grand-chose de mécanique.

Mues par un mouvement alternatif, les lames allaient et venaient et coupaient l'herbe.

Avant de partir, on vérifiait le matériel puis on attelait les bœufs à la barre de travail. C'était une tâche trop difficile pour les vaches que l'on réservait pour une étape ultérieure.

On équipait les bœufs d'une muselière pour éviter qu'ils ne broutent l'herbe qu'on était en train de couper !

Ils allaient bon train et réalisaient des tours de champ en évitant les taupinières qui abîmaient la lame.

Le foin étalé par terre séchait vite quand il faisait beau temps.

C'était ensuite au tour de la rateleuse d'intervenir, un engin avec de grandes roues tiré par les vaches qui ratissait le foin et le rassemblait en andains, c'est-à-dire de longues bandes. Ces longues bandes étaient ensuite rassemblées en meule à la main à l'aide de fourches. C'était un travail laborieux.

On avait toujours peur de l'orage. Quand il pleuvait, il fallait ensuite défaire les tas et aérer le foin pour enlever l'humidité.

Le ramassage se faisait avec un char très lourd et très large à 4 roues. Un homme montait sur le char, il était « le constructeur » du tas de fourrage.

On lui faisait passer les bottes avec la fourche et il les rangeait soigneusement pour garnir tout le char.

Ce qui restait au sol était ramassé à la fourche par la fermière et les enfants.

Quand le char était complet, on lançait au fermier un câble avec lequel il serrait le foin.

Avant de démarrer, le chargement était peigné, c’est-à-dire que deux faneurs ratissaient chaque côté afin d’égaliser l’ensemble.

Mon grand-père me racontait qu'à Lupiac, les gens avaient beaucoup de prés sur les bords de rivière et lorsqu'ils remontaient au village, c'était à celui qui avait le plus beau char et le mieux peigné ! On évaluait cela à l'absence de paille laissée sur le chemin !

Le char n'était pas commode à manipuler et il se renversait parfois. Il fallait alors faire venir un autre char, on bloquait le chemin et c'était la honte !

Si tout se passait bien, on arrivait devant la fenêtre de la fenière qui n'était pas très grande et là il s'agissait de faire passer le foin du char dans la fenière.

Le propriétaire rangeait son foin de manière à en mettre le plus possible.

Ce travail générait énormément de poussière qui vous rentrait dans la gorge et on se protégeait avec un mouchoir noué autour du cou.

Cette tâche durait plusieurs jours, elle rassemblait la famille et les voisins et donnait lieu à des casse-croûtes dans les champs et à des veillées.

Aujourd'hui le travail est facilité par un matériel imposant : en quelques jours, l’exploitant agricole peut rentrer seul le foin nécessaire à un troupeau conséquent.

Pierre DUPOUY

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