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Dieu, ce n’est pas le moment de tenter le diable

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W. E. Gutman

Déclarant les lieux de culte « essentiels » pendant la pandémie de coronavirus, le président Donald Trump, qui n’a jamais mis les pieds dans une église, a commandé les gouverneurs des cinquante États - sinon gare­­ - de rouvrir les institutions religieuses. Il a menacé de «remplacer» les gouverneurs si leurs États refusaient de suivre ses recommandations. Il n’est pas clair à quelle autorité présidentielle le chef d’état faisait allusion. Si je ne me trompe pas, une recommandation est facultative.

" Certains gouverneurs ont jugé bon d’ouvrir des débits de spiritueux et des cliniques d’avortement, mais ils ont abandonné nos églises et nos lieux de culte. C’est une honte. Les gens veulent être dans leurs églises " a pontifié M. Trump lors d’une conférence de presse à la Maison-Blanche le 22 mai. Il s’est gardé de dire que Dieu joue Dieu, à volonté, avec ou sans spectateurs.

De grands rassemblements, comme ceux des lieux de culte, ont été à la source d’une montée d’infections de Covid-19. Ce mois-ci, deux églises du nord de la Californie ont établi un lien entre la propagation du coronavirus entre les membres de l’église et le clergé aux services de la fête des Mères. Une église du Texas a récemment annulé ses messes après la mort d’un de ses prêtres, et cinq autres ont ensuite été testés positifs au  coronavirus.

Pendant une interview privée et sous le couvert de l’anonymat, portant un masque, Dieu, omniprésent, bon enfant, et éternellement prêt à interpréter les rôles que les hommes lui attribuent, m’a confié : « Je suis toujours disposé à faire des visites à domicile. Les fidèles me trouveront dans le confort et l’intimité de leur foyer. Ce n’est pas le moment de tenter le diable. Allez, j’arrive. »

W. E. Gutman est un journaliste franco-américain. Il vit en Floride.

Illustration Pixabay.com

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