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Interview de Robert Frairet, président de la Communauté des Communes

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Nous relayons, ci-dessous, l'interview de Robert Frairet pour la lettre quotidienne  "Le Gers face au COVID-19" du Conseil Départemental, publiée le mardi 7 avril 2020, sur le site du CD 32.

  • La maison pluridisciplinaire de santé que vous avez créé est le pivot de la médecine dans votre territoire. Comment fonctionne t-elle depuis le début de cette crise sanitaire ?

La communauté de commune d’Artagnan en Fezensac est propriétaire des murs. C’est la SISA (Société Interprofessionnelle de soins ambulatoires) qui est gestionnaire.

Les gérants de la SISA ont pris toutes les mesures qu’il est possible de prendre pour accueillir dans les meilleures conditions les patients.

On voit que l’indispensable maintien du service public dans le contexte actuel prend forme dans tous les couloirs, de tous les établissements qui lui sont liés. 

Il semblerait qu’il y ait une diminution assez remarquable de la prodigation de soin car les patients, au vu de la situation exceptionnelle, n’y vont que pour une urgence.

  • Tous ces changements ont-ils des répercussions financières pour la communauté de communes ?

J’ai été saisi par les gérants de la SISA sur un étalement des loyers pour les mois à venir et en tout cas pendant la période de crise. J’ai donc donné un accord de principe immédiat en considérant que cette solidarité entre Collectivité Territoriale et professionnels de santé est aujourd’hui plus que nécessaire. 

II faut ajouter que la Maison de Santé de Vic-Fezensac reçoit des internes dont l’hébergement peut-être en partie couvert par le dispositif du Conseil Départemental Opération « Dites 32 ».

On verra le moment venu les dispositions à prendre. C’est la durée de la crise qui nous le dira. 

Nous sommes toujours très attentifs à ce que le Conseil Départemental du Gers peut faire dans le cadre de « Dites 32 » qui est un dispositif sur lequel tous les élus doivent réfléchir car c’est une initiative qui est porteuse pour le recrutement et pour la recherche de professionnels.

  • Vous êtes également vice-président de Gers Numérique. Dans les années qui viennent on va s’appuyer de plus en plus sur la télésanté. Est-ce une opportunité que le Gers doit saisir ?

Alors par rapport à Gers Numérique, il faut se féliciter que le Conseil Départemental du Gers ait mis en place ce réseau de haut et très haut débit ce qui permet à tous les Gersois, notamment les plus isolés, de communiquer et de mettre en place un télétravail efficace. Nous avons la chance d’avoir dans ce département cette initiative porteuse. Si on n’a pas toujours été certain de son utilisation, on se rend compte aujourd’hui de son efficacité. Plus que ça, c’est aussi un pilier des mesures sanitaires inhérentes à la période de crise actuelle. Parce que cela rentre dans le cadre de l’esprit du confinement dans la plupart des cas avec outre la pratique du télétravail des échanges relationnels , familles, Ehpad , etc...

Il faut savoir qu’avant que Gers Numérique n’existe, nous avions lancé sur Vic-Fezensac un projet de médecine, d’imagerie, de gestion de situations fragiles et ce dans le cadre du Pôle d’Equilibre Territorial « e-Santé ». C’était en 2009 en collaboration avec le CNRS, le LAAS (Laboratoire d’Analyse et d’Architecture des Systèmes) en présence des professeurs Lareng et Campo pour une mise en place de surveillance à distance dans les foyers par des capteurs non intrusifs. Ces initiatives d’avant garde peuvent être confortées par le réseau Gers Numérique qui sera le levier de ce type de réalisation. D’autant que le réseau fibre sera intensifié ces prochaines années.

  • Vous êtes un élu expérimenté. Aviez-vous connu dans votre vie politique une période aussi anxiogène ?

Non. On n’a jamais connu de période similaire. On a eu des périodes qui, au niveau professionnel, étaient difficiles. On a eu H1N1. C’était difficile, mais limité à quelques producteurs tenus en isolement. C’était dégradant pour eux et ils n’en étaient pas responsables. Il y avait des mesures sanitaires concernant les animaux, les exploitants, mais il n’y avait jamais eu de difficultés aussi importantes et dangereuses pour la santé humaine.

Je souligne la discipline des Gersois qui est majoritairement un exemple pour tous nos concitoyens.

Ce qui gêne un peu quand même ce sont les remises en cause, les incertitudes, les contradictions qui émergent. Ça c’est quelque chose qui ne rassure pas la population. 

L’effort des collectivités locales, à leur niveau respectif, sont des messages rassurants pour la population gersoise. Ils ne peuvent  que faire  l’unanimité des élus.

Je vois la Maison France Services sur d’Artagnan en Fezensac qui fonctionne pour les plus isolés ; le transport à la demande qui continue à être un lien social et territorial ; enfin l’initiative prise par le président du Conseil Départemental du Gers, pour l’achat de masques et pour la mise à disposition du laboratoire départemental, initiative des plus solidaires et des plus responsables.

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