La corvée des cartes du Nouvel An

CARTE DE VEOUX.jpg

Aujourd'hui, pour souhaiter la bonne année, il suffit d’appuyer sur la touche « envoi » de son smartphone pour que tout l’entourage reçoive un message de vœux identique pour tous.

Ce n’était pas pareil autrefois ; il y avait la carte du nouvel an que l’on devait envoyer aux différents membres de la famille.

D’abord, il fallait aller acheter la carte en vente à l’épicerie du village ; l’épicier, qui était aussi mécanicien, arrivait de son garage les mains pleines de cambouis, il s’essuyait à sa salopette et ouvrait un grand cahier dans lequel se trouvaient, entre les pages, les cartes du Nouvel An. Il était bien précisé qu’on ne devait pas les toucher, qu’on devait simplement les regarder et faire notre choix.

Quand on arrivait à la maison, on consacrait l’après-midi à l’écriture des cartes de Nouvel An.

On étalait sur la table du papier journal et on sortait l’encrier rempli d’encre violette, on changeait la plume du porte-plumes, on mettait une plume Sergent Major neuve pour bien dessiner les pleins et les déliés.

On sortait aussi le buvard en cas de taches.

On ouvrait alors un petit carnet contenant le nom des personnes à qui envoyer les vœux avec l’adresse, au moins 25.

L’adulte chargé de l’après-midi « cartes de vœux » faisait un brouillon : « Toute la famille vous souhaite une bonne année avec santé, bonheur et la réussite à l’école pour les enfants."

Si le tonton ou le cousin était en train d’acheter des terres ou une maison, on ajoutait des souhaits de réussite pour l’opération en cours.

On terminait par « Affectueux baisers à tous ».

L’adulte surveillait bien que l’on n’oublie pas un « f » à affectueux car une faute d’orthographe dans une carte de vœux, ça faisait mauvais effet.

Parmi les 25 personnes à qui on devait adresser les vœux, il y en avait à qui on n’avait aucune envie d’écrire pour la raison très simple qu’ils n’envoyaient jamais d’étrennes.

Ceux-là, on les avait rayés de la liste.

Venait ensuite le collage des enveloppes. L’adresse était écrite par l’adulte ; cela faisait plus sérieux.

On collait aussi les timbres.

Le facteur arrivait. On savait qu’il n’apprécierait pas d’avoir un paquet aussi important de lettres car le soir, le tri serait plus long. Aussi,  l’invitions-nous à manger. Il mettait ainsi avec le sourire les vingt-cinq cartes dans son sac en cuir....

téléchargement (2).jpg
téléchargement (2).jpg
Publicité
Suggestion d'articles
Suggestion d'articles