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D' Aux Aussat jusqu'au Sénat

Une figure de l'Astarac : Destieux Junca

A l’occasion de la Toussaint, il est coutume d’évoquer certains personnages ayant marqué le Gers, voici l'un d'eux.

LE SENATEUR DESTIEUX-JUNCA (Aux-Aussat, 10 janvier 1855 - Sorbets, 18 janvier 1932)'

Sa famille. Son père, Dominique Destieux-Junca, né à L'Isle de Noé, avait été adopté par sa tante, Jeanne-Marie Destieux et le mari de celle-ci, Vital Junca, d'Aussat, section d’Aux-Aussat, qui étaient sans enfant. Dominique est propriétaire de 42 à 43 ha en 1882 ; il a été adjoint au maire d'Aux-Aussat pendant douze ans, de 1848 à 1860. Marié à Anne Marie Joséphine Danezan, née à Aignan et morte à Aussat, il a, outre Paul, son fils aîné, un second fils, Alexandre, adjoint au maire d'Aux-Aussat de 1896 à 1919, et une fille, Anne, restés tous deux célibataires.

Le politique et le journaliste. Ancien élève du Lycée d'Auch, Paul Destieux-Junca manifeste très tôt des sentiments profondément républicains et il joue un rôle de premier plan dans la vie politique gersoise à partir de 1887, année où il devient le rédacteur en chef du Républicain du Gers, journal dont le titre, à lui seul, marque l'orientation politique. A cette date, les Républicains sont minoritaires dans le département qui est resté attaché à l'Empire et où l'emporte l'influence des Cassagnac.

A la fin de l'année 1888, Paul Destieux-Junca, dont les opinions républicaines sont des plus radicales, quitte le Républicain et fonde son propre journal, La Fraternité, d'abord bihebdomadaire, puis bientôt quotidien, dont le premier numéro sort le 1er janvier 1889. Il y soutient la politique du préfet Léonce Boudet, envoyé à Auch pour combattre les bonapartistes.

Paul Destieux-Junca joint à son talent de polémiste une grande éloquence qu'il met au service des candidats républicains dans les réunions publiques. Il contribue ainsi largement, par ses écrits et par la parole, au retournement de la majorité politique qui se produit dans le Gers en 1892-1893 : en 1892, le Conseil général a pour la première fois un président républicain et, en 1893, lors des élections législatives, qui ont lieu au scrutin d'arrondissement, les candidats républicains l'emportent dans les cinq arrondissements.

Ses mandats électifs.

  • Conseiller municipal d'Auch. Paul Destieux-Junca, qui habite Auch, entre au conseil municipal du chef-lieu du département en 1889 à la faveur d'une élection complémentaire provoquée par six démissions et un décès. Il est élu avec ses six colistiers, Castex, Decker-David, Labenère, Caumont, Rivis et Sanssot.
  • Conseiller d'arrondissement de Miélan. Lors des élections cantonales de 1892, il se présente à Miélan et, seul candidat, il est élu conseiller d'arrondissement. Conseiller général de Montesquiou, il devient conseiller général de Montesquiou en 1892.
  • Sénateur du Gers. En 1896, à la mort du sénateur inamovible Jules Simon, un troisième siège de sénateur est attribué au département du Gers. L'élection à ce nouveau siège se déroule le 6 septembre. Destieux-Junca l'emporte sur le candidat bonapartiste Delpech-Cantaloiup, Il est réélu l'année suivante, le 3 janvier 1897, lors du renouvellement triennal du Sénat, en compagnie des deux autres candidats républicains, Aucouin et Latterrade ; neuf ans plus tard, le 7 janvier 1906, il est à nouveau réélu, avec les deux autres candidats républicains, Lannelongue et Sancet. Au lendemain de la Grande Guerre, en revanche, lors du renouvellement de janvier 1920, il est battu, n'arrivant au premier tour qu'en sixième position.

Au total, il aura siégé au Sénat durant vingt-trois années. Inscrit au groupe de la Gauche démocratique et membre de plusieurs commissions, il intervient surtout dans les débats touchant les questions agricoles et financières, dénonçant par exemple l'insuffisance de l'enseignement agricole dans les écoles primaires.

Maire d'Auch. Devenu sénateur, Destieux-Junca est resté à la tête de La Fraternité qui paraît jusqu'en 1902, et il participe aux luttes qui divisent les républicains auscitains. Il soutient le maire Louis Aucouin contre les attaques de La République des Travailleurs. Lors des élections municipales de mai 1900, la liste Aucouin l'emporte, mais Aucouin lui-même est mis en ballottage et il est battu au second tour. Destieux-Junca est alors élu maire par 22 voix sur 25. Il s'emploie à donner une couleur républicaine à la cité en baptisant de noms républicains les rues de la ville : rues Voltaire, Gambetta, Victor Hugo, de la Convention, de la Liberté, de l'Egalité, etc. Sur un autre plan, il travaille à l'extension de l'éclairage public et au rattachement téléphonique d'Auch au réseau départemental. Anticlérical, il supprime les subventions aux congrégations et interdit les processions. Il reste maire du chef-lieu du département jusqu'au 30 décembre 1902, date à laquelle, mis en minorité, il démissionne et est remplacé par Pouget, avoué au tribunal.

Le 2 mai 1902, Paul Destieux-Junca a épousé à Paris, Marie Dominique Amélie Madeleine Maza, veuve du général Lajoy, dont il n'a pas d'enfant. Son épouse avait eu de son premier mariage une fille, mariée au député des Landes Minvielle.

On lit sur la pierre tombale l'épitaphe suivante :

ICI REPOSE                                           
PAUL DESTIEUX-JUNCA
Ancien CONSEILLER GENEAL DU GERS
Ancien MAIRE de la VILLE D'AUCH
Ancien SENATEUR DU GERS
Né à AUSSAT le 10 janvier 1855
décédé à SORBETS le 18 janvier 1932
VANITAS VANITAS VANITATUM

Chaque année, la municipalité d’Aux-Aussat fleurit sa tombe à l’occasion de la Toussaint.

  • Extrait des Cahiers d’Histoire d’Aux Aussat, Décembre 2003, Guy Sénac de Monsembernard.
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