A propos du concours national de la Résistance et de la Déportation

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Echanges avec Christelle Thiriet, professeur d'histoire-géographie au collège Gabriel Séailles

Deux élèves du collège Gabriel Séailles se sont cette année distingués au concours national  de la Résistance et de la Déportation.

Nous avons rencontré à ce sujet Christelle Thiriet, professeur d'histoire-géographie au collège Gabriel Séailles qui a préparé les élèves au concours.

Journal du Gers : Pouvez-vous nous présenter le concours national de la Résistance et de la Déportation ?

Christelle Thiriet : C’est un concours scolaire qui est organisé par l’inspection générale de l’éducation nationale et par la direction générale de l’enseignement scolaire.

Il date de 1961 et a été créé à l’initiative d’anciens résistants et de déportés.

L’objectif est de perpétuer la mémoire de la résistance et de la déportation pour former de jeunes citoyens d’aujourd’hui.

Journal du Gers : Ce concours s’adresse aux élèves de 3ème et de lycée ?

Christelle Thiriet : En fait, il y a quatre catégories, deux catégories en collège et deux catégories en lycée.

Les catégories dépendent des travaux exigés, individuels ou collectifs.

Jounal du Gers :  Quel était le sujet cette année ?

Christelle Thiriet  :Le sujet était «1940, entrer en résistance : comprendre, refuser, résister.

Comprendre, cela signifiait réaliser le danger qui était lié à l’occupation et au régime de Vichy pour la population.

Refuser, cela voulait dire exprimer son désaccord ne pas accepter à la fois l’occupation et l’arrivée du régime de Vichy

Résister, c’est agir, entrer dans le combat que ce soit la lutte contre l’occupant ou la lutte contre le régime de Vichy à l’intérieur ou à l’extérieur.

Jounal du Gers :  Pourquoi faire le choix de présenter vos élèves à ce concours ?

Christelle Thiriet : Cela fait des années que je prépare des élèves à ce concours que j’ai moi-même présenté quand j’étais élève.

Ce concours, c’est un trait d’union entre les générations, entre le passé et l’avenir et encore plus de nos jours où les générations qui ont vécu la guerre ont disparu. On a perdu cette année le dernier compagnon de la libération.

C’est important de continuer à perpétuer ce trait d’union.

C’est aussi une réflexion sur le sens de l’engagement, pourquoi des hommes et des femmes à un moment donné dans l’histoire se sont engagés pour défendre la liberté pour défendre un système politique qui est celui de la démocratie ; c’est important aujourd’hui dans un contexte où on remet en cause la démocratie de faire réfléchir les élèves à ces valeurs.

Journal du Gers :  Comment les préparez-vous à l’épreuve ?

Christelle Thiriet : J’ai choisi cette année de les faire travailler sur l’épreuve individuelle et non sur l’épreuve collective.

Il s’agit de rédiger un devoir en classe sur un sujet proposé au niveau académique en fonction de leurs connaissances.

Ils connaissent le sujet à l’avance et peuvent donc le préparer.

Les élèves volontaires ont une heure de plus par semaine pour travailler sur le sujet pendant deux mois.

Pour moi c’est l’occasion de leur permettre d’aller plus loin sur le thème de la guerre et de la résistance car en classe nous n’avons que 3 heures sur la seconde guerre mondiale et 4 heures sur la guerre en France, ce qui est peu.

L’objectif est aussi de développer des compétences de recherche documentaire et de rédaction d’un devoir.

Journal du Gers : Cette année, deux de vos élèves ont été récompensés au niveau départemental, académique et national.

Pouvez-vous nous préciser les prix obtenus et nous dire ce que signifie pour vous cette distinction ?

Christelle Thiriet : Oui, cette année, au niveau départemental, une élève, Alizée Labassa, a obtenu le premier prix et un élève Simon Virgilio- Pignon a obtenu le 2ème prix.

La meilleure copie part au jury académique et la copie d’Alizée a obtenu le prix académique.

Au niveau académique, la meilleure copie part au jury national et sa copie a obtenu un des trois prix nationaux.

Pour moi, c’est une distinction importante pour plusieurs raisons.

Tout d’abord, c’est une reconnaissance de leur travail puisqu’il s’agit d’élèves volontaires qui travaillent en plus une heure par semaine de janvier à mars.

Ils doivent donc fournir un travail en classe supplémentaire mais aussi un travail personnel important.

C’est également  important pour moi de montrer que l’excellence peut se trouver aussi dans le monde rural et pas seulement dans les établissements parisiens. 

C’est très important pour nos élèves pour leur confiance dans les choix d’orientation qu’ils feront plus tard. Nos élèves gersois sont parfois frileux, pensent que certaines grandes écoles ou universités prestigieuses ne sont pas pour eux.

Enfin, pour le collège, cette distinction est importante aussi car si nous sommes reconnus pour notre bienveillance envers nos élèves, cette distinction montre que bienveillance ne veut pas dire niveau moindre.

Journal du Gers : Cette année, préparez-vous aussi vos élèves de 3ème au concours ?

Christelle Thiriet : Pour l’instant, pas encore.

Par choix, je ne commence qu’à partir du moment où j’ai traité le sujet de la guerre en classe.

En décembre, je vais leur proposer de traiter le sujet de cette année et si j’ai des élèves volontaires, nous participerons au concours 2022.

A noter qu'une exposition temporaire consacrée à ce concours intitulée "Le Concours national de la Résistance et de la Déportation : 60 ans d’histoire, de mémoire et d’engagement citoyen" est actuellement en cours au Memorial de la Shoah à Paris.

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