Eauze : Sylvie et Rufin en route pour la postérité

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Il y a presque 17 siècles, dans l'Empire romain, deux enfants d'Éauze allaient connaître une destinée hors du commun.

Dans la première moitié du IVe siècle, une jeune femme, dont le nom s’est malheureusement perdu dans le temps, allait mettre au monde une fille, puis cinq ans plus tard, un garçon. Et chacun chemin faisant, la sœur comme le frère, irait vers son destin.

Née en 330 à Elusa, aujourd’hui Éauze, en plein pays de la Novempopulanie (Pays des neuf peuples, au sud de l’Aquitaine antique), Sylvie d’Aquitaine est donc la sœur aînée de Flavius Rufinus (Rufin), né en 335 lui aussi à Éauze. Du bord de la Gélise au détroit du Bosphore, Sylvie et Rufin, guidés par la ferveur religieuse pour la première, et par ses talents diplomatiques pour le second, vont entrer dans l’Histoire par des portes bien différentes.

Sylvie d’Aquitaine fera d’abord de longues études d’Histoire avant d’entreprendre de parcourir la partie orientale de l’Empire romain, avide de découvrir la Terre où naquit le Christ.

De son côté, bien qu’il n’existât aucun document officiel pour le soutenir, il est fort probable que Rufin accomplit ses études à Bordeaux ou Toulouse. Des études où il connaîtra de grosses difficultés en grec. Une fois ses études terminées, Flavius Rufinus, fervent catholique comme sa sœur, prend la direction de l’Italie, où il séjournera à Milan, puis à Rome. Il deviendra un ami proche de l’un des quatre Pères de l’Église d’Occident, l’évêque Ambroise de Milan. Quelques temps après, Rufin se donne une autre mission, se rendre à Constantinople pour rejoindre la cour de l’Empereur.

Apprenant la présence de son frère dans la ville que l’on nommera plus tard « la nouvelle Rome », Sylvie part le rejoindre sur le Bosphore. Elle qui, de 385 à 388, a réalisé son pèlerinage jusqu’à la Terre Sainte, profite de son séjour à Constantinople pour rédiger son récit de voyage intitulé Peregrinato ad loca sancta.

Rufin nommé consul et préfet de l’Empire romain d’Orient

Flavius Rufinus, lui, sait mettre à profit ses dons de diplomatie et jouit d’une bonne renommée. Si bien qu’un jour, en 388, il se retrouve nommé maître des offices. En 390, Théodose le Grand, dernier empereur à régner sur l’Empire romain unifié, fait appel à ses services pour régler un différent qui l’oppose à Ambroise de Milan, l’ami de Rufin. Celui-ci réconcilie les deux hommes. Ce qui, entre autres, lui vaudra d’être nommé par Théodose le Grand, en 392, consul. Un titre que l’empereur lui octroie en même temps qu’à son fils Arcadius. Et c’est toujours en 392 que le natif d’Éauze est nommé préfet du prétoire pour l’Orient.

Pendant ce temps, Sylvie multiplie ses voyages de découvertes religieuses. Le Sinaï, puis Jérusalem. Mais bien d’autres encore. Et même l’Arabie et la Mésopotamie. Elle se distinguera par ses travaux de recherches bibliques. Vers la fin de sa vie, elle retournera en Italie, à Brescia, où elle s’éteindra en 406.

Après la gloire, tragique fin pour Rufin

Flavius Rufinus, en 392, connaît un épisode peu glorieux : il fera assassiner un chef d’état-major de l’empereur avec qui il a eu un différent. Mais devenu très riche, Flavius Rufinus, fait bâtir un monastère et une église. Et c’est lui qui, avec Arcadius, sera à la tête de l’Empire lorsque Théodose le Grand partira guerroyer.

En janvier 395, Théodose meurt ; Rufin devient ministre de son fils Arcadius qui hérite de la partie orientale de l’Empire. Et le ministre « gersois » de mûrir l’idée de vouloir marier sa fille avec Arcadius. Mais le projet n’aboutira pas, par la faute d’Eutrope, l’eunuque préféré d’Arcadius. Le 27 novembre 395, Flavius Rufinus est accusé d’avoir passé un pacte avec les Wisigoths et de vouloir asseoir son pouvoir sur l’Empire en mariant sa fille à l’Empereur. Il sera alors tué par les troupes du général Gaïnas, un goth au service de l’Empereur romain d’Orient. Sa tête, au bout d’un pic, sera promenée à travers la foule. Triste fin pour l’enfant de la Gélise.

Sylvie et Rufin, enfants du Bas-Armagnac, sont entrés dans l’Histoire. Éauze aura donné une historienne et Sainte, et un préfet romain.

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