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Gers – Tribune de Vincent Gouanelle qui répond aux critiques

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Sur le vote du budget départemental

Le texte ci-dessous nous a été adressé le 20 mars 2017 par Vincent Gouanelle. Nous le reproduisons intégralement sans aucune modification.

 

À mes "amis politiques" qui ne comprennent pas !

 

« Ce vendredi 17 mars 2017, j'ai voté avec mes collègues de l'opposition départementale, Unis Pour le Gers, le budget proposé par le Président socialiste Philippe Martin. Ce vote historique dans notre département a alors soulevé des cris d'orfraie dans certains rangs gersois des plus militants du parti Les Républicains.

À mes "amis politiques" qui ne comprennent pas je veux leur dire combien il est incongru qu'ils se sentent trahis ou tout du moins trompés par un tel choix politique fort parce qu'en ce qui me concerne en l'occurrence je sais où je me situe, je sais quelle vision de la France je soutiens, quel projet économique je défends, de quelles valeurs je suis pétri. Ces visions, ces valeurs, qu'ils se rassurent, elles demeurent bien à leurs côtés.

Toutefois, je veux leur exprimer mon sentiment sur ces jugements militants trop hâtifs qui ne sauraient répondre raisonnablement au contexte local actuel si difficile.

Cette décision, mes collègues et moi-même ne l'avons pas improvisée. Tout a été pesé, discuté, analysé, étudié jusque dans les moindres recoins de nos consciences politiques et idéologiques. Hésitations et balbutiements ont précédé alors un sentiment de raison et de responsabilité. Le budget qui se présentait à nous ne grevait pas le pouvoir d'achat des gersois par une énième augmentation d'impôt, ne faisait pas apparaître un accroissement des charges de fonctionnement, et surtout proposait un plan d'accompagnement de l'investissement des collectivités locales de bonne envergure. Enfin, ce budget reflète le résultat contraignant de législations terriblement désavantageuses pour notre collectivité. Sans donner un quitus libre et aveugle au Président du département, parce que tout n'est pas louable, nous lui avons démontré combien les choix politiques du parlement se font aujourd'hui ressentir péniblement dans l’exécution budgétaire départementale tant à cause de la baisse des dotations de l'Etat que la disparition de compétences départementales pourtant majeures pour le Gers.

Alors, nous aurions évidemment pu nous abstenir dans un souci politicien surtout au cœur d'une année électorale des plus complexes depuis des décennies où le clivage droite-gauche est plus que jamais galvaudé et ce à mauvais escient par les tenants de l'illusionnisme macronien ou par les nihilistes lepenistes. Mais nos aspirations partisanes n'ont pas présidé aux destinées de notre vote pour des raisons bien supérieures qui répondent alors à une certaine mystique républicaine qu'on nomme l'intérêt général.

A ces "amis politiques" qui ne comprennent pas je veux alors leur dire que lorsqu'il s'agit de la souffrance du monde agricole, des difficultés économiques des entreprises gersoises, des complications financières rencontrées par les petites communes rurales, du pouvoir d'achat des gersoises et des gersois, il n'y a plus d'intérêts partisans de droite ou de gauche, il ne demeure plus qu'un seul et unique intérêt : celui du Gers et des gersois ! Je veux leur dire qu'il y a la politique politicienne des idées et des philosophies, toute noble et respectable soit-elle, et puis il y'a la politique réelle, celle de l'action, celle du terrain, celle qui constitue l'art de rendre possible ce qui est nécessaire. Cette action politique menée chaque matin par des élus locaux, par des maires ruraux qui ne comptent ni le temps ni l'énergie pour donner le meilleur d'eux-mêmes au service de leurs administrés sans se soucier des idées politiques, philosophiques ou religieuses de chacun. Ainsi, lorsqu'il s'agit de défendre ardemment chacun de nos territoires, les hommes et les femmes qui y vivent et y travaillent, il n'y a qu'une seule politique : celle du courage des actes dans un souci de sincérité, d'humilité et de proximité qui prouve que les acteurs de la politique ne sont pas tous "pourris" comme certains le laissent entendre, qu'il existe encore ce sens de l'abnégation primordial pour animer et dynamiser nos communautés rurales.

A mes "amis politiques" qui ne comprennent pas je veux les inviter, s'ils aiment ce département autant que je l'aime, à ôter de leur visage les œillères partisanes qui les empêchent de prendre la hauteur nécessaire pour vivre pleinement l'action politique du territoire. Leur conscience n'en sera pas troublée parce que leur identité politique et philosophique perdurera naturellement dans l'engagement utile qu'ils offrent au débat d'idées dans notre pays. Au contraire, ils en sortiront grandis et participeront à faire grandir ces débats! »

Vincent Gouanelle

Conseiller départemental Unis Pour le Gers Canton Grand-Bas-Armagnac

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