Le moustique tigre renforce sa présence sur le territoire

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Présente dans le Gers depuis 2016, l’espèce va continuer à jouer les trouble-fête cette année. Des expérimentations scientifiques pourraient cependant permettre de juguler l’invasion.

C’est désormais quasiment toute la moitié sud du pays qui en est la proie. On recense pas moins de 58 départements touchés. Le moustique tigre, Aedes albopictus pour les intimes, va bientôt menacer tout le territoire national. Le Gers est classé parmi les départements les plus touchés, avec plus de 40 % de la population du département atteinte. Il en est de même pour les départements les plus méridionaux du pays (Cf carte annexée).

Une commission d’enquête parlementaire s’empare du sujet

Au delà de ses piqûres désagréables, l’insecte est surtout connu pour transmettre des maladies tropicales mortelles comme la dengue et le chikungunya . Le taux de mortalité moyen pour ces maladies est estimé de 1 à 2,5 % selon l’OMS. Toutefois, l’insecte doit préalablement avoir piqué quelqu'un atteint par ces maladies. Le risque est donc modéré en France, en l’absence d’épidémie locale.

Face à cet envahissement, les députés ont décidé de prendre à bras le corps ce sujet. L’Assemblée nationale a mis sur pied une commission d’enquête « sur les politiques publiques à mener contre la propagation des moustiques Aedes et des maladies vectorielles ». Créée à la fin de l’année 2019, elle vient de reprendre ses travaux tout récemment. Elle est présidée par Ericka Bareigts, députée de La Réunion et ancienne ministre des Outre-mer. Ainsi, les scientifiques sont largement consultés sur le sujet.

Les Chinois ont réussi à faire baisser l’invasion de 94 %

Stéphanie Blandin, chercheuse à l’INSERM (Institut national de la santé et de la recherche médicale) déclarait à nos confrères de Sud Ouest, il y a quelques semaines que "le taux de répartition ne fait qu’augmenter et ne rétrécira pas". Ainsi, plusieurs départements voient la densité de ces moustiques progresser.

L'espoir viendra vraisemblablement des chercheurs et de la science. L’année dernière, le CNRS a inauguré, à Strasbourg, un tout nouvel insectarium. Ce laboratoire hyper sécurisé est dédié à l’étude des moustiques et des virus qu’ils transportent. Un des compartiments du laboratoire contient pas moins de 40 000 spécimens de moustiques.

Les Chinois sont également très à la pointe sur ce sujet. Une expérience a été conduite pendant deux ans, dans deux îles situées sur des rivières du Sud de la Chine. Cette région connaît en effet un des taux de transmission de la dengue parmi les plus élevés du pays. Les chercheurs sont parvenus à faire baisser le nombre de moustiques de 94 % sur ce territoire. Le protocole mis en place visait à stériliser les moustiques femelles, tout en infectant les mâles par une bactérie qui les empêche de se reproduire. Depuis les habitants sont aux anges. Pendant six semaines, aucun spécimen n'a été attrapé. Et le nombre des piqûres signalées par les habitants de la zone a chuté de 97 %. 

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