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Petite parenthèse

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Être au four et au moulin

« Sachant que vous vous situez en un point A à 10 h 30, et que vous deviez impérativement être à un point B à 10 h 20, comment réduire l’espace-temps pour vous trouver aux deux endroits, à la bonne heure ? ».

C’est exactement le problème que doivent résoudre la plupart des lycéens qui ont l’immense honneur de tester le nouveau parcours scolaire à la carte, destiné à « relever les défis de l’égalité des chances, du bien-être du personnel et de l’environnement ».

À moins d’avoir le don d’ubiquité, essentiellement réservé semble-t-il aux dieux, difficile pour un simple mortel de travailler à la fois au four et au moulin.

Dans le système féodal français, le four et le moulin faisaient partie, comme le pressoir, des banalités dues par le seigneur à ses vassaux et paysans sous sa protection. En fait, il s’agissait du droit de leur en imposer l’usage, moyennant une redevance en espèces sonnantes et trébuchantes dont il fixait le prix. Pardi.

Partant du principe qu’il faut commencer par moudre son grain, avant de faire cuire son pain, l’expression illustre bien l’incapacité totale à être à plusieurs endroits au même moment ou à exécuter plusieurs tâches simultanément. En tout cas, pas de manière constructive et cohérente.

Obligation d’aller suivre les cours dans un autre lycée en fonction des options proposées, résignation à choisir des spécialités qui ne correspondent pas aux attentes, disparition des classes - individualisation du parcours de chaque élève oblige -, emplois du temps totalement désarticulés, cours qui se chevauchent, proviseurs et professeurs au bord de la crise de nerf…Eh oui, cékomça !

« C’est l’une des meilleures rentrées que j’aie connues » se félicitait tout récemment le ministre de l’Éducation.

Qui ne se trouvait sans doute, ni au bon endroit, ni à la bonne heure.

Illustration Pixabay.com

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