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« La chance que vous avez d'aller à l'école ! »

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Un émigré camerounais raconte ses défis et ses espoirs aux collégiens

Roméo Ntamag le répète plusieurs fois aux collégiens venus l'écouter le 10 novembre : « Allez à l'école, vous ne savez pas la chance que vous avez, étudiez bien ! » Et aussi : « Lancez-vous des défis, gardez toujours l'espoir et pensez aux autres ! » Nathalie Di Giusto, principale adjointe du collège, les professeurs d'histoire et géographie et d'éducation morale et civique et la conseillère principale d'éducation (1), ont « jugé important » d'organiser un rencontre entre les collégiens et Roméo Ntamag, président de l'association Aracem (2).

Pour les organisateurs, l'exposé de Roméo Ntamag (3), suivi des questions des élèves, prend place dans le cours d'éducation morale et civique. En effet, il combat l'ignorance sur les émigrés, redresse la vision simpliste et parfois fausse que les collégiens peuvent en avoir.

Le chemin de croix d'un émigré - Roméo raconte sa vie d'émigré, faite de difficultés épouvantables, mais aussi de défis, d'espoir et de préoccupation des autres. Parti à 15 ans du Cameroun dans l'espoir de subvenir aux besoins de ses cinq petits frères et de sa mère devenue veuve, il compte sur ses dons de footballeur et cela marche, au début, au Bénin. Mais le mirage du Maroc, puis de l'Europe l'amène en prison, alors qu'il s'est blessé en tentant de franchir un mur de barbelés de 6 m qui le séparait de l'enclave espagnole de Melilla. Il est ensuite jeté au milieu du désert algérien – sans rien - avec 50 autres émigrés. 16 parviennent vivants au Mali, grâce au whisky donné par des Touareg contrebandiers. Une jeune Belge le convainc de reprendre ses études abandonnées depuis 3 ans : il se lance un défi, s'inscrit en terminale et obtient le bac. Caritas l'envoie au Sénégal comme délégué : il ne supporte pas le chauffeur, le costume, le luxe de l'hôtel alors que lui et d'autres dorment sur des cartons dans un squat : une Autrichienne lui vient en aide et il fonde l'Aracem.

Penser aux autres – L'Aracem reçoit dans son centre d'accueil à Bamako (capitale du Mali) de 100 à 150 émigrés africains de toutes nationalités refoulés du Maghreb vers le Mali. On les y garde deux semaines pour qu'ils récupèrent. Les malades peuvent rester un mois. Les enfants sont scolarisés grâce à une autre association. C'est Caritas (Secours catholique) qui a fourni les premiers fonds pour ce centre. Mais Roméo voit plus loin : il ne veut plus louer le centre actuel, mais acheter un terrain en dehors de Bamako pour créer un centre plus grand, où il y aurait des cours de formation professionnelle Il cherche des fonds pour ce projet. Il est convaincu que seule la formation professionnelle fera progresser l'Afrique et rester les Africains chez eux. Il espère que des Européens jeunes retraités – ou d'autres professionnels - pourront venir quelque temps former des Africains, notamment dans les métiers du bâtiment.

À noter que les enseignants susnommés souhaitent, avec ceux des collèges de Plaisance-du-Gers et de Riscle, collecter des vêtements pour l'Aracem. Mais ils n'ont pas de solution pour les acheminer au Mali.

(1)Nathalie Bretécher, Fabien Delair, Alexis Franc et Marc Lafontan, Valérie Parizotto ; Gaëlle Commères, CPE. (2) Association des refoulés d'Afrique centrale au Mali - http://aracem.canalblog.com/). (3) Il séjourne actuellement à Aignan.

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Roméo Ntamag répond au Journal du Gers avant la conférence
Roméo N'Tamag Nathalie Di Giusto et élèves 6e 5e Nogaro 1bis 101115.jpg
Roméo Ntamag répond encore aux questions des collégiens après la fin de la conférence; au second plan, Nathalie Di Giusto
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