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Des sculpteurs en devenir au Festival Avoz'art

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Le Festival Avoz’art, ce sont d'abord des artistes de talent qui exposent au sein de l’église de Mourède, mais ce sont aussi des stages de sculpture sous la halle du village.

Ces stages gratuits se déroulent sous la houlette du sculpteur Nicolas Viry durant les week-ends du 8 et 9 août et du 15 et 16 août en journée continue de 10 h à 17 h.

Nous sommes allés surprendre la douzaine d’apprentis sculpteurs dans leurs finitions, dimanche après-midi, et avons pu échanger avec eux et avec leur professeur.

Sculpteur de Marciac, Nicolas Viry s’est expatrié en Italie pour apprendre le travail du marbre.

Très inspiré par la grande sculpture de la Renaissance italienne, il réalise des bustes et des statues en marbre, bronze et terre cuite.

Une de ses œuvres en marbre est installée à l’entrée de l’église.

C’est la 2e année qu’il anime les stages de sculpture, à Mourède.

La matière travaillée, c’est la terre et la pierre qui sont fournies aux stagiaires. La pierre, ce sont des chutes qui proviennent de chez le tailleur de pierre de Riguepeu.

Les outils sont prêtés si les stagiaires sont débutants.

Les stagiaires sont pour la plupart des amateurs, certains en sont à leur première fois, d’autres ont déjà acquis une expérience.

Les stagiaires peuvent participer aux deux week-ends s’ils ont le souhait de progresser et d’acquérir une technique, mais ceux qui n’ont pas de tels objectifs et veulent juste passer un bon moment peuvent venir sur un week-end ou même une journée.

Pas de thème imposé, ce qui laisse une grande liberté au stagiaire ; le choix d’un thème permet au professeur de donner davantage de conseils techniques, mais cela se fait au détriment de la liberté de sujet du stagiaire.

Nicolas Viry conseille à ses stagiaires de partir d’une photo qui leur sert de modèle.

Ceux qui ont déjà une technique démarrent seuls, il explique aux autres comment procéder.

Il existe en effet différentes techniques. Pour sa part, Nicolas Viry procède par petits morceaux qu’il ajoute les uns sur les autres et la sculpture augmente en volume au fur et à mesure.

Quand on lui demande ce que l’animation de ces stages lui apporte personnellement, Nicolas Viry nous parle de la satisfaction éprouvée quand on arrive à expliquer une technique et  que la personne parvient à la mettre en œuvre et à produire quelque chose de beau.

Ce qui est difficile, c’est, quand une personne est en échec, d’arriver à lui faire comprendre ou visualiser son erreur d’autant plus que le sculpteur essaie de ne pas trop toucher le travail du stagiaire.

Rencontres avec quelques stagiaires :

Guy est mi-parisien, mi-breton. Il est accompagné de son chien qui semble beaucoup souffrir de la chaleur, mais patiente sagement en attendant que son maître termine son travail.

Il a découvert Mourède et les sculptures de Béatrice Fernando, lors de ses séjours à Marciac, à l’occasion du festival de jazz.

Il avait toujours dans l’idée de suivre un jour un des stages, ce qu’il fait aujourd’hui.

Il est venu sans modèle et laisse libre cours à son imagination.

Il sculpte une femme avec son chien.

La sculpture n’est pas pour lui une découverte puisqu’il la pratique chez lui, mais avec du plâtre.

Avec beaucoup d’humour, il nous explique qu’il sculpte pour le plaisir des œuvres qu’il destine parfois à ses enfants, mais ceux-ci les refusent en lui disant qu’elles sont très bien chez lui !

Myriam vient à Mourède pour la 4e fois.

Elle réalise une ou deux sculptures à chaque fois mais ne sculpte plus pendant le reste de l’année.

Elle constate cependant qu’elle a progressé en quatre ans car les formateurs sont attentifs et apportent des conseils constructifs.

Quand elle est arrivée la première fois, elle ne savait même pas ce qu’elle allait faire, la deuxième année, elle est arrivée avec son idée de sujet, la troisième année, elle avait dessiné son projet et cette année, elle a carrément  réalisé une maquette.

Son sujet est une statue de femme forte dans tous les sens du terme. Son souci est de la faire tenir debout alors qu’elle l’a sculptée à plat. Elle va devoir faire un socle, ce qui n’était pas son idée de départ.

Elle sait donc que l’an prochain, si elle veut réaliser une pièce de ce type, elle la sculptera d'emblée debout !

Elle apprécie beaucoup, à Mourède, l’accueil et la gratuité des cours. Le stagiaire ne paie en effet que la terre qu’il utilise.

Elle reste les deux week-ends car elle souhaite terminer son travail.

C’est pour elle un excellent exutoire.

Pourquoi son sujet ? Son but est de montrer une femme de pouvoir qui n’est pas lisse comme le sont souvent les sujets de la sculpture classique.

Jean-Marc en est à son 3e stage.

Il est sculpteur amateur et réalise chez lui des sculptures en ferraille.

Il réalise aujourd’hui un buste, ce qui exige un travail de précision, une connaissance de l’anatomie dans lesquels Nicolas Viry le guide.

Il est parti d’une photo mais laisse tout de même une part à son imagination pour la chevelure par exemple.

Il a choisi la terre qu’il juge plus facile à travailler : «La pierre, on enlève, c’est définitif, alors que la terre, on rajoute ! »

Il amène son travail chez lui pour le terminer et pouvoir démarrer le week-end prochain une œuvre moins « réaliste »

Ce qu’il aime dans la sculpture, c’est le sentiment de donner la vie.

Nous laissons nos stagiaires à leurs finitions et regagnons l'église pour admirer une fois encore les pièces qui y sont exposées jusqu'au dimanche 16 août,.

Entrée libre tous les jours de 14 h à 19 h et de 10 h à 19 h le week-end.

 

Prochain stage samedi 15 et dimanche 16 août.

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