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Petite parenthèse

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Prendre ses cliques et ses claques

En voici un que nous avions chassé de nos esprits durant ces longues semaines de confinement. Trop occupés à rêvasser à nos vies « d’avant », à la liberté d’aller et venir à notre guise ; de sauter, danser…embrasser qui vous voudrez.

On se l’était promis : une fois les décrets autour des interdictions de circuler abrogés, on se retrouverait autour d’une bonne table, à lever nos verres à l’amour, à l’amitié, à la vie.

Mais pendant ce temps, dans la famille Moustique Tigre, madame était fort occupée à installer confortablement sa progéniture – jusqu’à deux cents œufs tous les douze jours – dans les moindres gouttes d’eau de nos jardins.

À l’heure de trinquer enfin entre amis, nous voici donc à la merci de ces bestioles que l’on n’attendait pas, en quête d’un petit supplément protéiné pour assurer l’avenir de leurs larves. De quoi gâcher sérieusement les retrouvailles. Car, à la première piqûre, chacun n’a qu’une envie : prendre ses cliques et ses claques.

Dommage pour l’apéro, mais "prendre ses cliques et ses claques", c’est récupérer ses affaires et partir précipitamment. Non sans avoir pris la peine ici de donner au passage une grande claque, pas franchement amicale, à dame Dracula.

Il se pourrait que dans cette expression, apparue au 19e siècle, les « cliques » soient empruntées à certains dialectes pour désigner les jambes. Les « claques » quant à elles, étaient des sortes de sandales attachées par des cordons au dessus des chaussures des femmes, de façon à les protéger du mauvais temps et les conserver intactes.

Par conséquent, lorsqu’on rassemblait ses cliques et ses claques, c’était pour filer fissa, sans réclamer ses restes.

Les scientifiques sont formels : question moustiques tigres, l’année 2020 sera millésimée. Les conditions météorologiques ayant été largement favorables à la prolifération de ces insectes, nous allons devoir apprendre à vivre avec, car il est très difficile, voire impossible, de s’en débarrasser une fois installés.

À la panoplie - déjà pas piquée des vers - de masques, visières, gants et gel, il faudra donc également ajouter moustiquaire. De quoi devenir franchement « dengue »…

Illustration Pixabay.com

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