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La chapelle Saint-Jaymes à Saint Michel 

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Objet de recherches sur son passé

Henri Calhiol, membre de la société archéologique du Gers, qui collabore avec l'association qui oeuvre pour sa sauvegarde et sa mise en valeur, livre de nouvelles réflexion sur la passé de la chapelle Saint-Jaymes de Saint-Michel

La chapelle Saint-Jaymes à Saint-Michel : détruite lors des Guerres de Religion ?

Modeste édifice d’origine romane (avec son petit cimetière), à nef unique et à chevet semi-circulaire, cette antique chapelle présente la particularité d’être bâtie en bauge, ce qu’ont révélé des travaux en 2019 et avec des murs élevés « en talus ».

Cette technique architecturale méconnue se rapproche du pisé mais sans utilisation de coffrages (banches). Elle est présente dans l’architecture vernaculaire de nombreux pays du monde et, en France, en Bretagne, en Normandie et dans les Pays de la Loire. Cette méthode sert à construire des murs parfois massifs et très souvent porteurs (comme dans le cas de la chapelle Saint-Jaymes). Elle prend place dans la grande famille des architectures de terre crue si présentes en Astarac.

Composée principalement de terre crue et de fibres végétales, elle aurait été reconstruite sur l’emplacement d’un édifice de culte ancien. L’abbé Cazauran (historien de Mirande et des églises du Gers) a écrit en 1888 qu’elle avait pu avoir brûlé (à cause de traces noires encore présentes lors de sa visite) et que c’est alors qu’elle aurait été rebâtie en terre. Le prêtre écrivait : « Misérable petite église, mais antique berceau de la foi dans ce pays inabordable par le couchant et le nord ».

L’association Les Amis de la chapelle Saint-Jaymes, qui œuvre à la conservation de ce patrimoine et s’attache à le faire connaître, s’est posée la question de cette destruction, de ses causes et de sa date. Un article récent publié dans le bulletin de la Société archéologique, historique et littéraire du Gers (n°  434 du 4e trimestre 2019, « Les Années Sanglantes en Armagnac 1559-1607, sous la signature de Danielle Marseillan) apporte peut-être une réponse.

En effet, l’auteur rappelle cette période de 40 années durant lesquelles se succédèrent - espacées de trêves - pas moins de huit Guerres de Religion entre 1562 et 1598.

Dans un premier temps, l’Armagnac et la Gascogne restent relativement à l’écart des troubles mais Montgoméry, le général des Huguenots, va les ensanglanter, en 1569, avec massacres, destructions et pillages : l’Astarac ne sera pas épargné par la règle, ville prise, ville pillée, garnison massacrée, violences sur les populations et le clergé catholique, destruction systématique des églises et des établissements religieux, maisons incendiées…

Il va de soi que l’église Saint-Jaymes, de la modeste paroisse et communauté d’habitants du même nom, était alors une cible facile pour la furie destructrice des hommes de Montgoméry : a-t-elle été détruite à cette époque-là, puis sommairement reconstruite en bauge, voilà donc quelque quatre siècles ? En tout cas, elle est toujours campée solidement dans son écrin de nature.

Henri Calhiol

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