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Petite parenthèse

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N’être pas à prendre avec des pincettes

Parents de lycéens, le calvaire que vous vivez depuis quelque temps dans votre propre demeure est en passe de s’achever. Demain débuteront les très officielles épreuves du baccalauréat, philosophie en tête comme le veut la tradition.

Plus que quelques jours à patienter, et vous serez enfin « libérés, délivrés » façon Reine des Neiges. Et ce n’est pas trop tôt, parce que franchement, vous commencez sérieusement à en avoir assez de côtoyer des adolescents - même issus de votre lignée - qui ne sont pas à prendre avec des pincettes.

Les pincettes sont ces instruments de métal qui viennent à bout des poils disgracieux qui s’invitent un peu partout sur les endroits les plus improbables du  corps. Mais, beaucoup plus grandes, elles sont aussi celles qui permettent de déplacer en toute sécurité, dans la cheminée, les bûches et les tisons, non seulement brûlants, mais salissants de surcroît.

C’est d’abord dans cette idée de déplacer quelque chose de très sale, qu’on ne souhaite pas toucher, qu’est apparue l’expression au début du XIXe siècle. Elle en vint à désigner également des personnes répugnantes, avec lesquelles on préférait éviter tout contact, avant de s’étendre aux esprits malsains dont il valait mieux se tenir éloigné.

Un peu plus tard, vers le milieu du même siècle, on l’utilisa pour désigner les personnes de très mauvaise humeur, d’une approche difficile. Le fait de rajouter la négation à l’expression renforce ce côté périlleux et délicat. Dans le sens où, même avec des pincettes, vous risquez fort d’y laisser des plumes (ou bien des poils ?).

Que faire en attendant ? Peut-être tout simplement adopter la philosophie « Ne rien voir, ne rien entendre, ne rien dire » ? Pour une fois que l’on peut faire le singe sans se faire remarquer, pourquoi s’en priver ?...

Illustration Pixabay.com

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