Petite parenthèse

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Tomber sur un bec

Il est parti la fleur au fusil et le sourire -crispé- en bandoulière, à la rencontre des maires de France pour tenter de les rallier à sa cause. Espérant qu’ils lui serviraient de « bouclier » pour mieux le porter en triomphe devant les Français, façon Abraracourcix, le chef des irréductibles Gaulois.

Mais face aux élus, méprisés il y a peu encore, venus parler des doléances d’un peuple qui souffre et qu’ils côtoient tous les jours, l’opération séduction agace plus qu’elle ne convainc.

Interpellé par des maires exsangues et asphyxiés, le chef de l’État n’en finit pas de tomber sur des becs.

Pour tomber sur un bec, et donc une difficulté ou un obstacle imprévu, il ne s’agit pas de lever les yeux vers les oiseaux, fussent-ils aigles royaux. Depuis le 19ème siècle, le bec de gaz est cette sorte de robinet par lequel le combustible est distribué. Aussi, à l’époque où l’éclairage public n’était pas encore alimenté par l’électricité, les lampadaires étaient tout simplement appelés becs de gaz.

Il suffisait alors d’être distrait ou un peu éméché pour « tomber sur un bec » en s’y cognant par inadvertance. La première version de l’expression était d’ailleurs « tomber sur un bec de gaz ».

Et des - prises de - becs, il n’en manquera pas dans ce tour de France des élus qui vivent au cœur des onze millions de chômeurs et précaires, à qui l’on demande d’attendre encore et toujours quelques années pour voir une embellie.

Car après avoir été dessaisis de leurs compétences et subi dix ans de réformes contribuant à appauvrir leurs communes, les édiles devraient aujourd’hui ravaler leur exaspération, pour assurer le « service après-vente » des mesures macroniennes.

Illustration Pixabay.com

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