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Petite parenthèse

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Minute papillon !

L’information tombe régulièrement comme un couperet. Insectes et mammifères pollinisateurs s’éclipsent de notre quotidien,  dans le bruissement discret des battements d’élytres.

Abeilles, papillons, mais aussi oiseaux, chauve-souris… tous pourtant reconnus comme nécessaires et essentiels à l’équilibre de notre écosystème. Leur extinction marquerait le début du processus d’éradication des espèces animales, incluant notre propre disparition.

Alors, lorsque la Commission européenne décide de soumettre au vote des États membres de l’UE une énième proposition de prolongation de la licence d’utilisation du glyphosate, l’herbicide le plus controversé, on a  juste envie de rétorquer : « Minute, papillon ! »

Le premier sens de cette expression, qui suggère que l’on peut prendre son temps, pourrait venir du fait que les papillons ont tendance à butiner rapidement d’une fleur à l’autre, sans s'attarder pour déguster.

Mais une autre origine serait attribuée à Monsieur Papillon, un serveur du Café du Cadran, à Paris entre les deux guerres. Notre Papillon répondait inlassablement à ses clients pressés : « Minute, j’arrive ! ». Des journalistes du Canard Enchaîné ayant l’habitude de se rendre dans cet établissement auraient transformé la réplique en  « Minute Papillon !», pour signifier qu’il n’y avait pas urgence à les servir.

Par extension, le deuxième  sens intime l’ordre  à un interlocuteur de s’interrompre, afin que l’on puisse exprimer des objections.

C’est donc lui qui s’applique ici, alors que le 9 novembre prochain sera décidée la prolongation de la licence d’utilisation de l’herbicide incriminé, sans pour autant que son élimination progressive, initialement prévue, soit même évoquée.

Il est évident que le géant américain (bientôt racheté par l’Allemand Bayer ?) des produits phytosanitaires, qui cumule affaires sulfureuses et profits vertigineux -plus de 13 milliards de dollars en 2016-, se défendra bec et ongles pour son produit phare, « biodégradable qui ne pollue ni la terre, ni l’os de Rex », comme le vantait son slogan publicitaire en 1982.

Primum, exit Rex…

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