Quand Château Fleuri accueille la championne olympique Martine Prieur...

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Vendredi, journée des droits de la femme, la maison de retraite, Château Fleuri, avait choisi, année olympique oblige, de célébrer la femme dans le sport.

Les membres de l'association pour l'animation dont la présidente est Jacqueline Mingalom et Patricia Lafon l'animatrice ont travaillé de concert pour préparer une journée exceptionnelle dont les résidents se souviendront.

Pour ce faire, elles avaient une invitée de choix, Martine Prieur, championne paralympique gersoise.

Dans la grande salle a pris place une exposition mise à disposition par le Département du Gers : "Sportives gersoises de haut niveau" dont un panneau est consacré à Martine Prieur.

A 15 h, tous les résidents sont présents pour assister en compagnie de Martine Prieur à la diffusion du documentaire " Les incorrectes : Alice Milliat et les débuts du sport féminin".

Sportive et militant pour les droits des femmes, Alice Milliat est à l’origine des premiers Jeux Olympiques féminins. Ce film retrace son histoire et celui de toutes les sportives, au travers d’images d’archives et d’images actuelles et leur combat pour rendre le sport accessible à toutes.

En effet, les femmes ont eu un accès plus tardif que les hommes aux Jeux Olympiques. Dans les années 80, la part des femmes participant aux Jeux Olympiques ne dépassait pas 15%. Même si le combat d’Alice Milliat, initié dans les années 20, n’est pas encore achevé, les Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris en 2024 auront une participation des femmes à 50%, marquant pour la première fois dans l’histoire des Jeux, une stricte parité.

Un film qui constitue un préambule fort à l'échange avec Martine Prieur.

Après avoir remercié toutes les personnes qui ont permis la réussite de cette journée, la présidente de l'association pour l'animation, Jacqueline Mingalom, a laissé la parole à Marine Prieur.

C'était pour elle sa première venue dans une maison de retraite et elle s'est dit très touchée par l'invitation.

Elle s'est ensuite présentée aux résidents.

Native d'Auvergne dans une fratrie de 7 enfants, elle a contracté le virus de la poliomyélite à l'âge de 6 mois.

Très rapidement, elle est confrontée à l'éloignement familial puisqu'elle est contrainte de fréquenter les hôpitaux, les centres de rééducation et de scolarité adaptée à partir de l'âge de 7 ans.

A 9 ans, elle devient auscitaine d'adoption en rentrant au centre de rééducation de Roquetaillade.

C'est pour elle un déchirement que d'être ainsi éloignée de ses proches et c'est grâce à ses compagnons de route, à l'entourage médical et paramédical et à l'éducation nationale qu'elle va apprendre à réagir.

Grâce au directeur du centre, le docteur Sanchez, elle découvre les bienfaits des activités sportives adaptées à son handicap : tennis de table, natation, escrime, tir à l'arc, basket.

En 1974, elle rentre dans la vie professionnelle en tant que secrétaire médicale à Roquetaillade

C'est le championnat de France d'athlétisme handisport organisé à Auch en 1982 qui va être l'élément déclencheur de sa carrière.

Grâce à son entraîneur Christian Elorza, elle atteint rapidement le haut niveau national dans sa discipline qui allie course et lancer.

Sélectionnée en équipe de France, elle va participer à de nombreuses compétitions nationales, européennes, internationales avec de belles médailles à la clé.

Elle sera onze fois médaillée (dont cinq fois en or) aux Jeux paralympiques de Stoke Mandeville et New York (1984) et Séoul (1988).

Elle avait d'ailleurs amené avec elle une médaille en or qu'elle a pu montrer aux résidents.

Elle dit avoir vécu 8 ans de vie sportive intense avec de belles rencontres.

Mais sa plus belle médaille est pour elle la naissance de sa fille en 1990.

Le sport reste pour elle un formidable moyen d'intégration.

Avant qu'elle ne réponde aux questions préparées par les résidents, elle a reçu un bouquet de fleurs offert par le doyen de l'établissement, Camille Vaudon, bientôt 105 ans.

Celui-ci a échangé quelques mots avec la championne lui vantant les mérites de Château Fleuri.

« Je vais faire mon dossier de préinscription », lui a-t-elle répondu avec humour.

Elle-même avait apporté un cadeau qu'elle a offert à la directrice de l'établissement, Béatrice Cabannes, un tableau de sa composition présentant « Martine aux jeux Olympiques », un tableau qu'elle a dédicacé et qui a été installé en bonne place dans la grande salle.

Place ensuite aux échanges où il a été question de sacrifices pour atteindre son niveau, sacrifices qui n'en sont pas quand on est passionné comme elle l'a expliqué mais aussi de la difficulté à faire accepter son handicap, et du sport encore et toujours qui gomme les différences.

Du sport qui fait toujours partie de sa vie.

En 2018, elle a participé à la Vélodyssée qui relie Roscoff à Hendaye en Handbike pendant 10 jours en raison de 80 à 100 km par jour.

Depuis deux ans, à la demande du conseil général, elle intervient dans les collèges et les écoles pour parler de sa carrière et des bienfaits du sport.

Elle fait partie des sportifs qui porteront la flamme olympique lorsqu’elle traversera le Gers en mai en prochain.

Porter la flamme olympique est pour elle un geste symbolique très fort qu'elle accueille comme une apothéose, un aboutissement de sa carrière.

Une journée dont tous se souviendront, y compris Martine Prieur qui a promis de revenir.

 

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