Histoire des eaux

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Les étudiants toulousains en charge d’une mission destinée à travailler sur une liaison entre la bastide et l’abbaye ont établi plusieurs trinômes dont l’un a pour thème, l’eau.

Nous nous sommes donc penchés sur ce sujet et la moisson a été déjà substantielle. Valence-sur-Baïse bâti sur un éperon calcaire, donc perméable, et la présence en divers endroits de couches imperméables expliquent la présence de nombreux puits, soit municipaux, soit individuels dans le village, à diverses profondeurs.

À certaines périodes de l’année, certains sont taris, alors que d’autres non. Il circule beaucoup d’informations sur la présence de cette eau. Certaines avaient des propriétés. Qui a entendu parler d’une eau cuisante ? Et qui sait si cela relève de l’anecdote ou si c'est la réalité ? La réponse est fournie par d’anciens valenciens. Oui, cette eau était bel et bien présente dans un puits situé à l’intersection de deux rues. Les ménagères le savaient si bien qu’elles venaient en faire provision quand elles avaient des légumes secs au menu du repas !

Et les sources ? Celle de Saint Maurice avait la capacité à guérir les écrouelles ou croûtes de lait. Intarissables, certains avançaient que son eau provenait des Pyrénées !

Dans certains jardins, savez-vous que l’eau est sulfureuse ? C’est mon cas et celui de bien d’autres, telles ces eaux qui sourdent dans des propriétés avoisinantes (information recueillie auprès de Jean-Paul Bessagnet, le fils du regretté Roger Bessagnet, un de mes précieux anciens informateurs) et qui communiquent entre elles. Vérification a été faite par le système de l’adjonction de colorant à cette eau souterraine.

Avez-vous entendu parler de la fontaine de Maurin ? Bonne pour le cresson, vient de me dire un ami valencien  ? Tout petit, il allait en récupérer avec son père.

Mais cette eau avait une autre propriété. Nous devons les renseignements à un ancien Maignautois, très érudit, Isidore Mirel avec qui j’adorais discuter et qui a écrit de belles pages sur l’histoire de notre bastide. ‘’Cette source, écrivit-il, intarissable, sourd du talus aujourd’hui envahi d’épines et de ronces. Bien avant que la ville fusse alimentée en eau potable par le réseau sous-pression, ce point d’eau fut la providence des habitants du Plant-Haut et de Bel Air. ….Son eau avait aussi le privilège de cicatriser les coupures et plaies tenaces ; l’usage voulait qu’après le bain de la blessure, l’on lance dans la fontaine une menue pièce de monnaie. Ces quelques centimes récupérés au cours d’un nettoyage périodique, constituaient la rémunération de ce travail dont une famille de Bel Air avait le privilège ‘’.

L’éperon rocheux sur lequel est bâti la bastide est un véritable gruyère.

Et pourquoi n’y aurait-il pas ce fameux souterrain dont on a souvent parlé et qui nous relierait à Flaran ? Pour ma part cette liaison serait déjà aérienne que je m’en contenterais ! Je souhaite aux étudiants toulousains le succès dans cette entreprise qu’ils entament avec conviction.

Un puits à l'eau sulfureuse ?

Claude Laffargue

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