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Petite parenthèse

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Avoir les boules

A peine englouties les friandises d’Halloween, voilà que jouets et autres réjouissances de Noël s’emparent des rayons des supermarchés.

Pendant ce temps, un bras de fer s’installe entre forains et mairie de Paris. Le motif ? La décision prise de ne pas reconduire le marché de Noël des Champs-Élysées, qui, depuis une dizaine d’années, draine pourtant quinze millions de visiteurs.

Alors, les guirlandes clignotantes accrochées au pare-brise de leurs camions ne sont plus à la fête; les forains « ont les boules ». Et pas vraiment celles rutilantes d’un sapin. Leur avenir n’est pas brillant, brillant.

Cette expression, qui traduit la colère, est relativement récente (fin du XXe siècle). Sa particularité, c’est qu’elle semble désigner les attributs mâles placés en dessous de la ceinture, alors que la gestuelle qui l’accompagne désigne plutôt la gorge. La colère, bien souvent imagée par les boules (« se mettre en boule »), pourrait-elle avoir pour effet un déplacement des organes ? Ou s’agirait-il plutôt de ganglions au niveau du cou ? Originellement, l’expression reste en tout cas assez confuse.

Tout aussi confuse d’ailleurs que les explications de la mairie sur cette suppression du marché de Noël. Cette décision serait due à « la qualité médiocre des animations et des produits vendus ». Autrement dit, un peu trop de « made in China », alors qu’un « fabriqué à Paris » donnerait une image de prestige.

Si cette disposition s’appliquait aux grandes surfaces, en supprimant jouets et décorations « made in ailleurs », on pourrait facilement circuler dans les rayons à la veille des fêtes. Tout comme dans la plupart des magasins des Champs-Élysées…

 

Photo Kirstyn Paynter sur Unsplash

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