Henri Larcade, l’âme de la Résistance locale

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Henri Larcade, l’âme de la Résistance locale

A la faveur des 80 ans de la Libération, la municipalité de Mirande vient de décider de donner le nom d’Henri Larcade à un espace du centre-ville. Henri Calhiol nous éclaire sur les mérites de cet homme hors du commun, qui combattit l’armée allemande sous l’uniforme du 7ème Spahis algériens et s’évada d’un camp d’internement en Suisse pour continuer la lutte autrement.

Son action recouvre toutes les facettes de l’engagement résistant de la première heure : la distribution de tracts (mouvements Combat, Libérer et Fédérer), la fourniture de faux papiers aux traqués en partance pour l’Espagne, la cache de postes émetteurs à son domicile (avec leurs opérateurs radio), la recherche de terrains de parachutages puis, au jour J du débarquement en Normandie, le maquis.

De fin 1942 à septembre 1943, en vertu d’accords régionaux, il travaille étroitement avec le lieutenant Miler, du 2e Dragons d’Auch démobilisé dont le maquis s’est fixé à Ponsampère. Il est son adjoint « Armée Secrète » d’une compagnie sous commandement « Organisation de Résistance de l’Armée » (ORA) qui camoufle chez des complices armes et véhicules détournés des stocks militaires.  Leur amitié perdurera au-delà de cet épisode et permettra le camouflage de réfractaires au STO et la préparation de la phase opérationnelle avec la réception de parachutages après formation des équipes au sol.

En octobre et novembre 1943, il échappe à la Gestapo venue perquisitionner chez lui. Peu après, intervient la chute du maquis de Ponsampère. Il plonge alors dans la clandestinité, traqué durant dix mois, sans quitter le secteur et préparant le jour « J ». Deux compagnies maquisardes voient le jour à son initiative mais il estime que c’est à un officier de métier de prendre la tête du Bataillon de l’Astarac et de l’Arros : le chef d’escadron Soulès est alors désigné tandis qu’il prend lui-même latête de la compagnie « Lartigue » (son pseudo) cantonnée à Saint Christaud.  C’est pour faire profiter son supérieur de sa connaissance du terrain qu’il se trouve mêlé à l’embuscade de Saint Maur, première attaque d’un convoi allemand dans le Gers. La Libération le trouve président du Comité cantonal de libération et, transitoirement, adjoint au maire de Mirande dans la municipalité Résistante qui renverse celle nommée par Vichy. Il aura été l’organisateur incontesté de la Résistance mirandaise pour le mouvement Combat et l’Armée Secrète. On doit à son rôle modérateur l’absence des excès que l’on connaîtra souvent ailleurs à la Libération.

Henri Cahiol

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