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Quand la pandémie du Phylloxera détruisait toute la vigne française…

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Le vignoble récemment victime du gel et la pandémie actuelle remettent en mémoire une autre pandémie, celle du Phylloxera qui en 30 ans allait détruire au XIXème siècle quasiment toutes les vignes françaises.

Les viticulteurs français avaient déjà connu de nombreuses maladies de la vigne dont le mildiou.

Mais celle qui les toucha dès 1863 fut certainement la plus terrible.

Les feuilles séchaient, les pieds se durcissaient. Le coupable? Une sorte de puceron minuscule, le Phylloxera, qui attaquait les souches.

L’insecte était très difficile à classer dans une catégorie car il était à la fois grimpant et volant.

En 3 ans, le pied de vigne mourait.

Ce fut une des plus grandes catastrophes agricoles que connut le pays.

Dans les régions où l’on ne vivait que de la vigne, certains durent quitter le pays pour trouver du travail ailleurs.

On estime que ce fléau fit plus de dégâts et coûta plus cher à la France que la guerre de 70  !

On commença à chercher des solutions.

On essaya divers produits dont certains très toxiques et très coûteux.

On utilisa aussi la méthode submersive qui consistait à inonder les vignes pour tenter de noyer l’insecte.

La crise fit le jeu des charlatans qui vinrent vendre aux vignerons leurs potions miracles : sirops d’urine de cheval, crapauds enterrés vivants supposés attirer le venin de la vigne…!

En désespoir de cause, on s’adressait aux divinités.

En ce temps là, les gens croyaient aussi à la valeur protectrice de saintes reliques et les habitants de Roquemaure dans le Gard espéraient ainsi redonner « santé et vigueur » à leurs vignes.

C’est en effet près de Roquemaure que la maladie est observée pour la première fois vers 1863.

A la recherche du miracle, Maximilien Richard, riche propriétaire de Roquemaure et des fameux vignobles du Château de Clary, décide alors de partir pour Rome et d'y faire l’acquisition des reliques d’un saint protecteur...Une fois arrivé à Rome, ce sont celles de Saint Valentin que choisira le propriétaire du Château de Clary. En octobre 1868, de retour de Rome, il est accueilli au Château de Clary par une foule en liesse.

Evidemment, la guérison ne vint d’aucune de ces solutions !

On réussit enfin à vaincre le fléau quand on amena d’Amérique des pieds-souches sur lesquels on greffa des plants français. On s’aperçut alors que les vignes résistaient !

Les Américains nous avaient envoyé la pandémie - l'insecte était originaire de là-bas- mais c’est aussi chez eux que l’on trouva le remède !

On trouve dans le Gers des vignobles qui avaient résisté au Phylloxera comme la vigne de Sarragachies située dans le val d’Adour, l’une des plus anciennes vignes de France ( plantation en 1820) située au coeur de l’appellation côtes de Saint-Mont.

Cette vigne a résisté grâce au caractère sablonneux du sol.

La vigne a été inscrite au titre des monuments historiques en 2012.

Pierre DUPOUY

 

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