Aart Eslhout défendait "un art qui rayonne"

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Flaran s'attriste de sa disparition récente

Son exposition sur l’eau avait impressionné et transporté les spectateurs qui, pour beaucoup, vivaient là leur première approche de l’art contemporain.

Le peintre Aart Eslhout est décédé mardi 23 février, à Estillac (Lot-et-Garonne), où se trouvait son atelier. Il fut, entre autres, l’auteur d’une œuvre magistrale : "Éloges de l’eau, méditations picturales", présentée en 2013 dans l'église des Jacobins, à Agen. 

"Cette exposition fut un aboutissement, concédait l’artiste. En fait, ce n’était pas vraiment une expo, mais plutôt une installation formant une seule et même œuvre d’art. Pour une fois, j’allais utiliser tout un espace, et je créais au fond un environnement artistique avec l’eau comme lien. Il y avait aussi un travail d’ordre psychologique sur le visiteur."

Il était né en 1947 aux Pays-Bas. Formé aux Beaux-Arts à Rotterdam, il avait ensuite enseigné la peinture, le dessin et les arts appliqués à Breda, puis à Toulouse, avant de s’installer près d’Agen. Au calme, pour créer.

En 2014, l’abbaye de Flaran avait eu la chance d’accueillir l’œuvre peinte et graphique de cet artiste, en partenariat avec le Musée des Beaux-Arts d’Agen, pour permettre aux Gersois de découvrir son œuvre magistrale, une expérience artistique autour du fleuve Garonne, avec une double exposition dans l’église et au logis abbatial.

Comme lors de son exposition à Agen, les publics avaient été séduits par ses variations sur l’eau qu’il composait en séries dans lesquelles le spectateur pouvait parfois plonger en méditation comme devant son triptyque Le grand bleu.

Aart Elshout avait su parfaitement se rendre disponible pour expliquer et transmettre  son travail. Ses œuvres avaient aussi suscité un projet pédagogique intitulé Instants paysages, Instants, mots, Instants corps dans le cadre de l’opération La classe, l’oeuvre pour la nuit des musées 2015. Les élèves de 2de du Lycée Bossuet de Condom avaient à la fois écrit et s’étaient initié à la danse avec deux chorégraphes au sein de l’abbaye devant Le Grand Bleu. Un film en garde la trace. Plusieurs œuvres d’Aart Elshout font partie désormais des collections départementales.

L’équipe de l’abbaye de Flaran a appris sa disparition récente et tenait à lui rendre hommage.

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