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Un été photographique « Circuit Court »

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Comment offrir à Lectoure son incontournable rendez-vous photographique tout en s’adaptant aux mesures sanitaires ? Challenge réussi pour l’équipe de l’Été Photographique !

Comment continuer à penser, à organiser des projets artistiques, des événements dans nos lieux en temps de crise sanitaire ? C’est donc dans un contexte peu propice aux rencontres, aux débats, aux vernissages, aux visites en intérieur et complètement à repenser dans la forme et le langage que toute l’équipe de Marie-Frédérique Hallin, directrice du Centre de Photographie a choisi de nous proposer, cette année, un été photographique en « Circuit court ». Comme si le monde d’après imposait de nouvelles formes de consommations locales, de vies moins globales, il fallait que l’art aussi se mette à ce diapason. Une façon intelligente et créative de contourner les difficultés qu’imposent la pandémie ambiante, puisque l’on évite ainsi les risques d’inviter des artistes du bout du monde, on évite les transports d’œuvres, on simplifie la gestion et la logistique. Est-ce peut être cela la nouvelle façon d'exposer ? En circuit court ?

Cette période suspendue fut à n'en pas douter un sérieux moteur de créativité pour des artistes qui se sont retrouvés volontairement ou malgré eux, confinés dans notre région ou en résidence. L'idée de résidence étant, comme chacun sait, un formidable booster d'expression, l'artiste bénéficiant temporairement, par une institution publique ou privée, d'un espace et de moyens afin de favoriser sa création. 

Ainsi, chacun dans son art et son langage a pu exprimer, développer, approfondir le concept d’enfermement, d’isolement ou d’éternité de l’arrêt. Un moment unique que l'on souhaite d'ailleurs exceptionnel. On retrouvera forcément dans les expos parfois ces "journaux intimes du confinement", des regards décalés interrogeant notre propre rapport au confinement. 

Cette période de solitaires a vu également, comme beaucoup de secteurs, se développer la notion de co-création, le concept de travail en groupe, de complémentarité des mediums, de rassemblements des techniques et des talents pour construire ensemble, à plusieurs, un objet artistique solidaire et transcender par cela la mélancolie du créateur solitaire. Une place de choix a donc été donné à quelques collectifs comme IPN ou OBRA. 

Si toutes les mesures sanitaires ont mis bien des bâtons dans les roues de l’organisation de cette manifestation, elles ont été aussi génératrices d’idées pour les organisateurs qui se devaient de trouver des lieux en extérieur, suffisamment ouverts et accessibles pour exposer le travail des artistes. L’occasion de rechercher, dans la ville de Lectoure, un parcours original, un accrochage novateur, de quoi à, mettre la fois en valeur le travail artistique et s’offrir un dialogue « mano a mano » avec les murs de la ville, les remparts, l’architecture et tout ce qui fait, de cette ville, un pôle esthétique si attractif. Les visiteurs du festival vont pouvoir découvrir des projets dans l’espace public. L'opportunité de se réapproprier cet espace public dont nous avons été privés pendant de longues semaines.

Seul espace intérieur d'exposition : le Centre qui prolongera, en ses murs, l'expo Hinterland qui venait juste d’être inaugurée quand le gong du confinement a retenti. Un très bel ensemble qui nous ouvre le regard sur ces endroits "entre deux". friches, terres oubliées ou paysages perdus.

Avec cette édition qui s’annonce déjà réussie, personne ici, ne se plaindra de voir les amateurs d’art, de photographie ou les simples touristes, venir nombreux (et distanciés) se balader dans la ville. Une ville qui se prête admirablement à n’importe quel geste de création.

Ainsi, « Circuit Court », c’est la recherche de talents dans toute la région Occitanie. Une recherche minutieuse qui a permis de rassembler, pour cette édition, un ensemble de collectifs et de talents individuels tels que : association Déclic avec Gaël Bonnefon, Arno Brignon et Anne Desplantez • Collectif IPN avec Alexandre Atenza, Mélanie Bouychou, Raphaël Courteville, Audrey Douanne, Laura Freeth, Brenda Galliussi, Nicolas Jaoul, Maroussia Sallent, Matthieu Sanchez, Thomas Soulié, Émile Stoclin et Léo Sudre • Compagnie OBRA • Frédérique Félix-Faure • Yohann Gozard • Hipkiss • Myriem Karim (invitation à la Résidence 1+2) • Thérèse Pitte et Philippe Pitet • Fernanda Sánchez-Paredes (invitation à la résidence Traverse) • Annabel Werbrouck…

Le thème "circuit court", outre la notion de proximité géographique, s'ouvre aussi sur la proximité avec nous même. C’est aussi et surtout une introspection, un regard sur notre espace intérieur durant cette période et sur ce temps arrêté qui nous a été imposé durant trois mois. Qui plus que les artistes aux mêmes ont souffert dans leur acte de création comme dans leur vie quotidienne de ce temps suspendu et de la crise qui couve et se prolonge ?

Comme le dit Marie-Frédérique Hallin: "Il était temps de retrouver la liberté, proposer à des artistes de la scène régionale une visibilité, que ces invisibles de la culture, ces oubliés, ces euthanasiés des discours officiels des dernières semaines deviennent indispensables. Notre façon à nous de marquer le coup et d’affirmer haut et fort que l’art est bien une activité et un besoin essentiel. L’ensemble des échelles institutionnelles fragilisées par ce choc monumental ouvre la possibilité de ne pas reprendre les choses comme avant, de se remettre en question et d’expérimenter de nouveaux comportements. Relancer une dynamique créative, à Lectoure, recréer du lien et des circulations, nourrir des intentions, réunir et rapprocher artistes, visiteurs, habitants, promeneurs, équipe du centre d’art à travers ce projet en « circuit court ».

"Circuit Court" n’est donc pas une édition raccourcie, mais bien un été photographique pleine puissance à découvrir à partir du 25 juillet et jusqu’au 20 septembre, à Lectoure.

En parallèle aux parcours, l'édition 2020 se voit enrichie de podcast : Une série de cinq podcasts imaginés et réalisés par l’équipe du centre d’art et Kévin Calderon (Radio Fil de l’eau), designés par Iker Elguezabal et en étroite collaboration avec les artistes exposés

Horaires d’ouverture :

Du 25 juillet au 20 septembre 2020,  du mercredi au dimanche, de 15 h à 19 h ; de jour comme de nuit dans l’espace public.

Gratuit.

À suivre également, une série de rendez-vous, de visites guidées et d'événements 

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Yohann Gozard, 16.09.2014, 01 h 25 - 01h29 © Yohann Gozard
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Journal de confinement, 2020 © Arno Brignon
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Projet collectif : L’air est immobile. ici: © Anne Desplantez
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© Karim Myriem, 1+2 Factory, 2020
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Hipkiss, Columba palumbus,
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