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5 personnes pour le 8 mai au Houga

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Pour une commémoration simple et complète

Le 8 mai 2020, jour anniversaire de la victoire de 1945 sur l’Allemagne nazie, un enfant dépose un bouquet sur le monument aux morts du Houga, avant la cérémonie.

Ce geste, hommage modeste mais plein de sens, amène une double réflexion – semble-t-il, d’après son récit – dans l’esprit de Patricia Galabert, maire du Houga. Une commémoration sans enfants fait naître « une impression étrange », car elle manque une partie de son but, la transmission de l’Histoire. D’où l’impérieuse nécessité de la transmettre.

À ce propos, elle cite une phrase attribuée à Winston Churchill : « Un peuple qui oublie son passé se condamne à le revivre ».

La cérémonie s’est déroulée conformément à la tradition, mais sans public et sans les écoliers encadrés par leurs enseignants : lecture du message du président de la République, dépôt des gerbes des Anciens combattants et de la municipalité, appel des morts pour la France, minute de silence. Et, pour terminer, la Marseillaise, chantée par les cinq personnes présentes : Patricia Galabert, Jacques Fitan (1er adjoint), Hervé Paulus (vice-président de l’association locale des Anciens combattants), le lieutenant Hervé Gaüzère (chef du Centre d’incendie et de secours du Houga) et Jean-Marie Mathieu (conseiller municipal).

N.B. - La photo a été communiquée par Patricia Galabert.

Message du président de la République

Ce 8 mai ne ressemble pas à un 8 mai. Il n’a pas le goût d’un jour de fête. 

Aujourd’hui, nous ne pouvons pas nous rassembler en nombre devant les monuments de nos villes, sur les places de nos villages, pour nous souvenir ensemble de notre histoire. 

Malgré tout, la Nation se retrouve par la pensée et les mille liens que notre mémoire commune tisse entre chacun de nous, cette étoffe des peuples, que nous agitons en ce jour dans un hommage silencieux. 

C’est dans l’intimité de nos foyers, en pavoisant nos balcons et nos fenêtres, que nous convoquons cette année le souvenir glorieux de ceux qui ont risqué leur vie pour vaincre le fléau du nazisme et reconquérir notre liberté.

C’était il y a 75 ans. 

Notre continent refermait grâce à eux le chapitre le plus sombre de son histoire : cinq années d’horreur, de douleur, de terreur. 

Pour notre pays, ce combat avait commencé dès septembre 1939.Au printemps 1940, il y a 80 ans, la vague ennemie avait déferlé sur les frontières du Nord-Est et la digue de notre armée n’avait pas tenue. Nos soldats pourtant s’étaient illustrés à de nombreuses reprises. Ceux de Montcornet, d’Abbeville, de Gembloux ou de Stone, les hommes de Narvik, les cadets de Saumur, l’armée des Alpes avaient défendu avec vigueur notre territoire et les couleurs de notre pays. Ils sont « ceux de 40 ». Leur courage ne doit pas être oublié

Dans le crépuscule de cette « étrange défaite », ils allumèrent des flambeaux. Leur éclat était un acte de foi et, au cœur de l’effondrement, il laissait poindre la promesse du 8 mai 1945. 

Cette aube nouvelle fut ensuite conquise de haute lutte par le combat des armées françaises et des armées alliées, par les Français Libres qui jamais ne renoncèrent à se battre, par le dévouement et le sacrifice des Résistants de l’Intérieur, par chaque Française, chaque Français qui refusa l’abaissement de notre nation et le dévoiement de nos idéaux. La grande alliance de ces courages permit au Général DE GAULLE d’asseoir la France à la table des vainqueurs.
La dignité maintenue, l’adversité surmontée, la liberté reconquise, le bonheur retrouvé : nous les devons à tous ces combattants, à tous ces Résistants. A ces héros, la Nation exprime son indéfectible gratitude et sa reconnaissance éternelle.

Le 8 mai 1945, c’est une joie bouleversée qui s’empara des peuples. Les drapeaux ornaient les fenêtres mais tant d’hommes étaient morts, tant de vies étaient brisées, tant de villes étaient ruinées. A la liesse succéda la tristesse et la désolation. Avec le retour des Déportés, les peuples découvrirent bientôt la barbarie nazie dans toute son horreur…

Rien, plus jamais, ne fut comme avant.

La fragilité révélée de nos vies et de nos civilisations nous les rendit plus précieuses encore. Au bout de cette longue nuit qu’avait traversée le monde, il fallait que l’humanité relevât la tête. Elle venait de découvrir horrifiée qu’elle pouvait s’anéantir elle-même et il lui fallait désormais refaire le monde, de fond en comble, ou à tout le moins « empêcher que le monde ne se défasse », selon le mot de Camus. 

Ce fut l’heure, en France, de l’union nationale pour fonder « les beaux jours » annoncés par le Conseil National de la Résistance et bientôt retrouvés. L’heure, en Europe, de l’effort commun pour bâtir un continent pacifié et fraternel. L’heure, dans le monde, de construire les Nations unies et le multilatéralisme.  

Aujourd’hui, nous commémorons la Victoire de ce 8 mai 1945, bien sûr, mais aussi, mais surtout, la paix qui l’a suivie. C’est elle, la plus grande Victoire du 8 mai. Notre plus beau triomphe. Notre combat à tous, 75 ans plus tard.

Vive la République !

Vive la France !

Emmanuel Macron

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