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Petite parenthèse

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Avoir du sex-appeal

Ils l’ont fait. Des hommes et des femmes - célèbres -  ont relevé le défi de se dévêtir sur la scène du Lido, devant un millier de personnes et les caméras de télévision, façon « Full Monty ».

Pas par exhibitionnisme contagieux, ou dans l’espoir d’être recrutés dans une éventuelle émission Porn Stars. Non. S’ils ont accepté d’aller au bout de cette drôle d’aventure, c’était dans le but de sensibiliser le public au cancer du testicule, de la prostate ou du sein, et les inciter au dépistage.

Mais avant le grand show, il leur a fallu plusieurs semaines d'entraînement pour parvenir à dégager ce charisme troublant, ce petit plus indéfinissable qui rend  irrésistible aux yeux des autres.

Car, aux antipodes de la fureur et du bruit modernes, qui dit strip-tease dit lasciveté, sensualité, et sex-appeal.

L’expression, on s’en doute,  a emprunté à la langue anglaise les mots sex, et appeal. Pour le premier, pas vraiment de problème en ce qui concerne la compréhension. Quant au deuxième,  on le définirait en français comme « l’appel », ou « l’attrait ».

Le sex-appeal serait apparu dans les années 1920 chez nos voisins britanniques, et se traduisait littéralement « l’appel du sexe » en 1927, puis « l’attraction du sexe » en 1931. Il a remplacé peu à peu l’expression française datant du 19e siècle, « avoir du chien » (qui n’a d’ailleurs ici aucun rapport avec le meilleur ami de l’homme !).

Les personnalités qui ont participé à cette leçon d’effeuillage ont sans doute aidé à une prise de conscience collective. Face à ce fléau, la prévention reste primordiale, et le dépistage nécessaire. Encore faut-il pouvoir répondre aux attentes de trente millions de  Françaises en âge de consulter.

Or, depuis 1987, le nombre de gynécologues médicaux - une particularité nationale dans le domaine de la santé, qui a largement fait ses preuves -, n’a cessé volontairement de chuter, au prétexte d’une « harmonisation européenne des diplômes ». Jusqu’à frôler leur disparition, après la suppression pure et simple de cet enseignement du cursus universitaire.

La mobilisation du Comité de Défense de la Gynécologie Médicale et de millions de femmes a permis le rétablissement de cette spécialité en 2003. Mais force est de constater qu’aujourd’hui encore, le nombre de nouvelles recrues ne suffira pas à compenser les départs en retraite, et onze départements sont totalement dépourvus de gynécologues médicaux.

La vigilance reste donc de mise, pour éviter d'entendre dire au pays de Molière : « Couvrez ce sein, que je ne saurais voir ».

Illustration Pixabay.com

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