Le 6 août 1944 avec la Résistance aux abords du Houga

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Souvenirs d’Hubert Labenelle

Le 6 août 1944 avant l’aube, probablement à la suite d’une dénonciation, les Allemands déclenchent une vaste opération anti-maquis au Houga et dans la campagne environnante.

Hubert Labenelle, adolescent à l’époque, garde un souvenir marquant des événements de cette journée du 6 août 1944, qui ont bouleversé la population. Car, non seulement, trois maquisards ont été fusillés par les Allemands au Bois de Bascaules à Toujouse (Pierre Farines, Jean Labastie et Henri Thiébaud), mais le grand-père et le père d’Hubert Labenelle ont été pris en otages et la mort l’a frôlé lui, sa famille et de nombreux Folgariens.

Cet article décrit les opérations dirigées dans les alentours du Houga, telles qu’Hubert Labenelle les raconte dans un opuscule où il a inséré ses souvenirs, des photos de cette époque et de l’époque actuelle. Ainsi qu’une description de la vie au Houga sous l’Occupation. En ville, au Houga, des pupitres explicatifs sur les événements sont disposés le long d’un chemin de mémoire en partant de la mairie.

Des événements angoissants

Une vingtaine d’otages, parqués à l’hôtel Lafontan (dont certains maquisards qui y logeaient), seront pour moitié libérés et pour moitié envoyés à Bordeaux au fort du Hâ. Leur sort se décidait au PC des Allemands, installé dans l’actuelle bibliothèque. Quant à l’hôtel Lafontan, il est dynamité et les habitants sont expulsés du quartier. Les quelques otages libérés à la fin de la journée – faute de preuves qu’ils appartiennent au maquis – sont accueillis et réconfortés par des Folgariens.

Le 6 juin 1944, l’opération allemande vise en priorité deux fermes :

  • la ferme Masséjeau où habite la famille de Paul Ducourneau où un nombre important de maquisards est cantonné,

  • la ferme Lagrange où vit la famille d’Hubert Labenelle, où les maquisards viennent régulièrement se ravitailler en vin.

L’exploit d’ Éloi Clavé

Venant du sud, les Allemands encerclent la ferme Lagrange et exigent d’entrer – armes braquées – persuadés que des maquisards se trouvent à l’intérieur. Éloi Clavé, le grand-père d’Hubert, profite du brouillard et des bovins pour s’échapper pour prévenir les maquisards à Masséjeau. Et mettre sa petite fille Luce à l’abri chez les voisins de la ferme Langlade. Il prévient René Dupeyron à Langlade qui prévient les Résistants. Mais, bien renseignés, les Allemands remarquent son absence et l’arrêtent comme otage à son retour, ainsi que Joseph Labenelle, le père d’Hubert.

« 4 sous » au pied du poirier

Ils ne trouvent rien, alors que 10 mitraillettes sont cachées dans le foin. Désignés par la famille, Hubert et sa grand-mère sont chargés d’enterrer les économies au pied d’un poirier, sous prétexte de ramasser des légumes. Au milieu de quelque 120 Allemands. Une phrase, prononcée au conseil de famille, reste gravée dans la mémoire d’Hubert : « Si quelqu’un de nous reste vivant ce soir, il saura qu’il y a 4 sous enterrés au pied du poirier ! »

« Les résistants basés à Masséjeau ont pu fuir et se cacher dans la forêt, le pire a été évité », souligne Hubert Labenelle. Bien qu’un maquisard tchécoslovaque ait été tué en emportant la soupe pour ses camarades.

La ferme Mounégeat

Proche de la forêt de Lussagnet (dite d’Avéron), la ferme Mounéjat est également visitée par les Allemands. C’est un lieu de ravitaillement et d’hébergement pour une centaine de maquisards de la forêt de Lussagnet. Ce 6 août 1944, un petit groupe d’Allemands vient aux nouvelles. Raymond Dubuc répond qu’il ne connaît pas de Résistants...Les Allemands repartent.

La ferme Bézin

Trois jeunes gens – René Barlan et Louis Castagnos et Jean Bruch, occupés au battage des céréales, sont surpris par l’arrivée des Allemands - qui recherchent systémétiquement des jeunes gens -  et réussissent à s’échapper sous la mitraille.

Un réseau secret

Un réseau de l’ombre, basé à la ferme de Taston, formait un commando qui opérait uniquement de nuit. Il organisait les parachutages, surveillait les déplacements des troupes allemandes. C’est lui qui barre la route de Mont-de-Marsan en abattant des arbres. Si bien que le convoi des otages partant pour la prison doit faire demi-tour.

Il paraît utile de faire savoir aux jeunes générations que la journée du 6 août 1944 a été très angoissante pour les Folgariens du bourg et de la campagne et que beaucoup en restent traumatisés. L'opuscule d'Hubert Labenelle y contribue.

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Éloi Clavé, le grand-père d’Hubert - Photo communiquée par Hubert Labenelle
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La ferme La Grange vue du ciel (sous-verre exposé à La Grange)
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Les parents d'Hubert Labenelle - Photo communiquée par Hubert Labenelle
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Hubert Labenelle dans son superbe jardin ouvert au public
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Les alentours du Houga
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La stèle du bois de Bascaules, à Toujouse
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Dépôt de gerbes par Jacques, Fabrice Labastie et sa fille
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Dépôt d'un bouquet au début du parcours de mémoire par Patricia Galabert, maire du Houga
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Intervention de Jacques Tartas devant la stèle de Bascaules, le 6 août 2018
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