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Petite parenthèse

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Être à la merci

Depuis des années, l’air et les champs de la Terre et des Hommes brûlent. Depuis des années, les hôpitaux sont asphyxiés, les écoles se consument.

Depuis des mois, les rues s’enflamment, la population étouffe dans un déchaînement de violences ordonné par le gouvernement, et suffoque sous les gaz lacrymogènes.

Point d’orgue, la cathédrale de Paris brûle. Et depuis quelques jours, les millions pleuvent de toutes parts pour en éteindre l’incendie. Un « miracle » qui ravive la fureur de millions de Français, à la merci du bon vouloir de leurs souverains et de généreux mécènes.

L’expression « être à la merci », qui signifie être dans une totale dépendance à l’égard de quelqu’un ou quelque chose, remonte sous cette forme au XVIème siècle. Bien avant, la merci, au féminin, provenait du latin merces, qui représentait un salaire, une récompense. En ancien français, la merci (ou mercy) pouvait avoir également le sens de grâce, ou de miséricorde.

Ainsi, on en arriva à « demander merci » au XIIème siècle avec ce même sens, et à qualifier de « sans merci » des hommes sans pitié pour leurs victimes.

Face à l’émotion qui a gagné le pays, la colère froide des architectes et historiens dénonce les normes de sécurité insuffisantes d’un patrimoine délaissé par l’État, qui en est pourtant propriétaire. «C’est l’incendie de trop».

Devant des citoyens sidérés, Emmanuel Macron décrète une collecte nationale, entraînant une surenchère de la part de donateurs milliardaires (équivalente pour certains à 0,3% de leur fortune personnelle !). Un pas de plus vers le paradis de l’ISF, et la certitude d’avoir leur nom gravé dans le marbre.

Paradoxalement, tous les jours, le gouvernement à la botte de ces magnats des affaires et de la finance, martèle que les caisses de l’État sont vides. Justifiant par là l’ouverture à la privatisation des biens et services publics, de nouvelles restrictions budgétaires, et les pires injustices.

Victor Hugo a été cité en continu, ces derniers jours, pour évoquer ce chef-d’œuvre plus que jamais en péril. Les grands de ce monde auront vite oublié qu’il était aussi l’auteur de l’ouvrage monumental et bouleversant, « Les Misérables ».

Mais pour eux, l’argent est loin de couler à flots.

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