Les managers du sport formés en pleine nature

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Le PSG, les Girondins de Bordeaux, l’ASVEL, l’AS Saint-Etienne… Antony Thiodet a travaillé avec les plus grands clubs. Il forme de futurs commerciaux et managers du sport au cœur des vallons gersois… à Lagraulet.

"Gamin, lorsque j’arrivais chez mon grand-père, sur la table du salon il y avait deux éditions de L’Équipe. Une pour lui, une pour moi !" Pas le moindre doute, Antony Thiodet est un passionné de sports. Et n’a jamais imaginé travailler dans d’autres milieux.

Après une école de commerce, il fréquente les clubs sportifs les plus prestigieux de l’Hexagone. De l’AS Saint-Etienne à l’ASVEL, club de basket dont il gérera la vente à un certain Tony Parker ! "Je crois avoir travaillé avec et pour plus de cent clubs, sourit Antony. Il est également passé chez Adidas et plus récemment chez les Girondins de Bordeaux. Il serait fastidieux d’énumérer tous les clubs qui ont fait appel à ses qualités.

Depuis 2011, il est conseil de plusieurs d’entre eux. Mais le garçon avait besoin de remettre un peu de sens à sa vie pro, de passer du "Time for business" à "l’Adéenne du sport" - pour ADN et  Académie de la nature -, comme il dit joliment. Et pour retrouver l’ADN et les fondamentaux de la formation, Antony Thiodet a choisi de créer une école de vente (et de management) par l’apprentissage. Plusieurs dizaines d’étudiants ont répondu à son offre.

La démarche du créateur de l’Adéenne du sport remet au centre "les valeurs humanistes dans le sport". Et pour cela, il a choisi d’accueillir ses alternants… à Lagraulet. "L’histoire est peu banale en effet, s’amuse Antony. Je suis arrivé dans le Gers par le village de Roquelaure où j’ai fait la connaissance de Michel Baylac, le maire. Je lui ai raconté mon projet, il m’a répondu : va voir Nicolas Méliet à Lagraulet…."

"Tout est question d’équilibre émotionnel. Qu’est-ce que la nature a à nous enseigner et que nous pourrons traduire dans l’acte de vente ?"

La suite, on la devine : le maire de Lagraulet, Nicolas Méliet, toujours un coup d’avance lorsqu’il pense développement du territoire, ouvre les bras de son village au projet du passionné de sport. En quelques semaines l’affaire est dans le sac. Antony Thiodet et sa petite famille achètent une maison à quelques encablures du panneau d’entrée du village armagnacais et, en septembre dernier, la première promo d’apprentis commerciaux et managers du sport s’installait à Lagraulet.

"Mon idée est simple, éclaire le responsable de la formation. Je veux profiter de l’apaisement que l’on trouve en milieu rural, je veux que les étudiants soient impactés par leur immersion dans la nature. C’est ce qui m’a manqué dans ma vie professionnelle."

"Tout est question d’équilibre émotionnel. Qu’est-ce que la nature a à nous enseigner et que nous pourrons traduire dans l’acte de vente ?", dit encore Antony.

En septembre donc, seize jeunes âgés de 23 à 27 ans sont arrivés sur la place de Lagraulet pour prendre possession de leurs confortables chambres. "Ils étaient un peu déboussolés, raconte leur formateur. Car ils ne savaient pas où ils débarquaient."

Le lendemain, deux heures de marche dans la campagne pour débuter l’immersion. Déjeuner à la cantine avec les gamins de l’école, sketches de vente réalisés en pleine nature à Tonneteau, ou encore rencontre avec un magicien pour un temps d’illusion et une conclusion implacable : "la réalité n’est pas toujours ce que l’on croit."

"La relation avec les gens du village fut extraordinaire pour ces jeunes, se réjouit Antony Thiodet. Le matin, une voisine leur portait le pain pour le petit déjeuner." Et à l’heure de quitter ce lieu sans bar, ni distraction urbaine, la réaction des stagiaires est tombée : "on revient quand ?"

Ils sont revenus la semaine dernière pour un deuxième séminaire. Avec l’ambition, pour les formateurs, d’élargir encore les échanges et les rencontres avec les locaux. Des acteurs de l’économie gasconne pour s’enrichir d’autres expériences professionnelles et de vie.

Bastien Serra, actuellement attaché au Racing 92 et à son stade, la Paris La Défense Arena - autrement dit un environnement à cent lieues de Lagraulet ! -, participait à ce séminaire. "C’est une expérience étonnante et très enrichissante, témoigne-t-il. D’abord c’est l’occasion d’échanger avec les autres étudiants sur nos expériences en club, loin de tout, au calme de la nature. Et le côté "pas du tout conventionnel" de ce type de séminaire est passionnant."

"Nous avons rencontré des personnes qui ne connaissent pas notre milieu du sport mais qui nous ont transmis des valeurs humaines dans le travail. C’est particulièrement enrichissant. Quant à la séance avec un magicien - qui peut paraître complètement décalée - au fond, elle nous transporte à travers des schémas de pensée inattendus. Je crois que, de ces instants à Lagraulet, on prend tout ce qu’on nous donne et, ensuite, nous verrons ce que l’on en retient, ce que l’on en fera," ponctue Bastien.

La suite est en train d’être écrite dans l’esprit d’Antony et de son équipe. Il devrait être question, notamment, de Permanagement - application des principes de permaculture au management des organisations - dans les séminaires prochains.

L'équipe de L'Adéenne au grand complet : Valérie Thiodet, à gauche sur la photo, et, deuxième à sa droite, Antony Thiodet

À Lagraulet, tout le monde est ravi d’accueillir des jeunes et cette entreprise "l’Adéenne du sport" qui, au-delà de la démarche originale, est aussi une source de développement économique non négligeable pour la commune et son territoire.

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