Ginette Kolinka parle aux élèves du collège Vasconie

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À l’initiative du Conseil départemental, sur invitation de M. Caillieux, principal du collège Vasconie,Mme Rozis, professeure d'Histoire-Géographie-Education morale et civique, et M. Saint-Germain,professeur de Lettres classiques, Ginette Kolinka est venue au collège Vasconie à la rencontre des
élèves pour leur parler de son vécu en camps de concentration et leur transmettre aujourd’hui la mémoire de la Shoah.
D’origine juive, en juillet 1942, la famille de Ginette Kolinka fuit son domicile d’Aubervilliers car il y a un risque d’arrestation par la Gestapo. La famille franchit la ligne de démarcation pour la zone libre, occupée plus tard par les Allemands, et arrive en Avignon.
Le 13 mars 1944, à 19 ans, Ginette Kolinka est arrêtée avec son père et plusieurs membres de sa famille par la Gestapo sur dénonciation. Incarcérée à la prison d'Avignon puis à celle des Baumettes à Marseille, la famille est internée au camp de Drancy. Un mois plus tard, la famille est déportée par le convoi n° 71 en direction du camp d'Auschwitz-Birkenau. Dans le même convoi se trouve Simone Veil. Dès l'arrivée du train, son père et son frère sont gazés. Ginette Kolinka est sélectionnée pour le travail et rejoint le camp des femmes, matricule 78599 tatoué sur son avant-bras gauche. Devant des élèves de 4e et 3e, elle n’hésite pas à détailler l’horreur des sévices subis, des brimades et des coups.
D'octobre 1944 à avril 1945, Ginette Kolinka en transférée dans les camps de Bergen-Belsen et de Theresienstadt. Au camp de Bergen-Belsen, elle travaille dans une usine de pièces d'aviation. Elle contracte alors le typhus. En février 1945, elle est transférée à Raguhn près de Leipzig et de là, en
avril 1945, par un «Train de la Mort», vers le camp de Theresienstadt. Au mois de mai 1945 le camp est libéré par l’armée russe. Elle est rapatriée à Lyon avant de rejoindre Paris le 6 juin 1945 pour retrouver les membres de sa famille qui ont survécu : sa mère et quatre de ses cinq sœurs ; et retrouver l’appartement familial d’avant-guerre.
Ginette Kolinka est officier de la Légion d’Honneur au titre d’«ancienne déportée œuvrant au devoir de mémoire» et commandeur de l'ordre des Palmes académiques, ambassadrice de la mémoire auprès des jeunes générations dans les établissements scolaires.
À l'issue de son témoignage, les élèves ont eu le temps de lui poser quelques questions préalablement préparées en cours dans le cadre des programmes scolaires d'Histoire et de Français. Ainsi lui ont-ils demandé : « Avez-vous pardonné ? », « Avez-vous déjà pensé à effacer votre
tatouage ? », ou encore « Comment réagissez-vous aujourd'hui face aux actes antisémites ? » et même « Que répondriez-vous aux objections d'un négationniste ? ». Elle leur a toujours répondu avec beaucoup de sincérité. Pendant ces deux heures, les élèves ont été particulièrement attentifs et
émus. Plus tard, au retour en classe, ils ont confié à leurs professeurs qu'ils avaient été certes choqués, mais surtout impressionnés par la vitalité et la force de caractère de cette grande dame.
Ginette Kolinka nous donné à tous une leçon d'Histoire et une belle leçon de vie.
Rescapée de la Shoah, de l’horreur des camps d’extermination, aujourd’hui, à presque 97 ans, elle multiplie son témoignage auprès des jeunes pour parler et raconter sans relâche dans toutes les écoles, pour que l’on n’oublie pas de quoi la haine est capable.

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