Les Gilets jaunes ne lâchent rien !

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Rencontre avec une figure du mouvement

Aujourd’hui samedi 8 février, les Gilets jaunes se sont donnés rendez-vous, à Vic-Fezensac, pour un rassemblement interdépartemental qui, après un défilé en ville, se dirigera vers Auch dans l’après-midi.

Rencontre avec une figure du mouvement, l’auscitain Patrick Lapeyre dit Grizzly qui a bien voulu répondre aux questions du Journal du Gers.

Le Journal du Gers : Pouvez-vous nous donner les raisons de cette nouvelle journée de manifestation ?

Patrick Lapeyre : Cette manifestation, c’est un hommage rendu par les autres départements au département du Gers. Dans les Gilets jaunes du Gers, nous avons un groupe « Les Vagabonds » qui, depuis le tout début du mouvement, va dans les départements limitrophes pour diffuser "la bonne parole" des Gilets jaunes gersois et pour soutenir le mouvement dans les autres départements, pour faire masse.

Aujourd’hui, depuis plus d’un an que ce groupe sillonne les autres départements, ceux-ci ont voulu lui rendre hommage.

Ce groupe a organisé cette journée qui rassemble des Gilets jaunes de tous les départements ; il y a des gens qui viennent de Pau, de Tarbes, de Mont-de-Marsan et même de Bayonne, du Lot-et-Garonne, des Landes…

Le Journal du Gers  : Comment va se dérouler la journée ?

Patrick Lapeyre : Ce matin, une manifestation pédestre a lieu à Vic. La ville de Vic a été choisie car pourquoi toujours choisir Auch ? Vic est aussi une capitale, une capitale de la corrida, de la feria, de la musique latine ; c’est une ville où il se passe beaucoup de choses, beaucoup plus qu’à Auch !  En tant qu’Auscitain, je trouve très bien que la manifestation parte de Vic.

Nous allons tous déjeuner ensemble place du Cheval Blanc, puis aux alentours de 14 h 30, on fait une opération escargot entre Vic et Auch, opération qui sera bien entendue encadrée par un service de sécurité Gilets jaunes et sera secondé par la gendarmerie.

On laissera des distances de sécurité assez importantes entre chaque groupe de véhicules de façon à ce que les gens puissent nous doubler.

À Auch, on doit terminer place de la République sur le parvis de la mairie.

Le Journal du Gers: Qu’attendez-vous de cette nouvelle journée de mobilisation ?

Patrick Lapeyre: On veut montrer qu’on est toujours là, qu’on ne cèdera pas, qu’on continuera à se battre contre la réforme des retraites, mais de manière pacifiste. Nous sommes des non-violents. Les trois- quarts sont des personnes âgées. Pour ma part, j’ai 66 ans et je suis là depuis le début.

Le Journal du Gers:  Pourquoi le mouvement a-t-il cessé comme à Paris où les manifestations du samedi n’existent plus ?

Patrick Lapeyre : C’est un camouflage du gouvernement puisqu'il a interdit les manifestations. Le mouvement Gilets jaunes est toujours présent. Mais on les relègue dans les endroits où ils ne gêneront pas certaines personnalités.

Sur les Champs-Élysées, on faisait tache. Le mouvement est toujours là ; il mue, se transforme, évolue, mais il  est toujours là.

Il a été rejoint par les syndicats. Dans les Gilets jaunes du début, il y avait déjà des personnes syndiquées. Ce que les syndicats revendiquent aujourd’hui, nous le revendiquions déjà au début du mouvement.

Ce que les gens ont oublié, c’est que ce qui a déclenché le mouvement, c’était la hausse du carburant. Les hausses du carburant sont excessives à l'actuelle. Au début de l’année, on a eu une augmentation de l’électricité.

Les augmentations n’arrêtent pas, mais c’est occulté.

Regardez ce qu’on vous enlève. Je viens de recevoir mon bulletin de salaire de retraité ; entre la CSG, la RDS et tout le reste, je perds plus de 200 euros sur ma paye. Avec ce qu’il me reste, je dois payer mon loyer, l’eau, l’électricité…

Après avoir donné ce que j'ai donné à mon pays, ça commence à faire beaucoup...surtout venant d'un individu qui ne s'est jamais sali les mains et qui se prend pour un être supérieur, alors qu'il est comme vous et moi.

Le Journal du Gers: Que pensez-vous des récentes grèves de la SNCF et de la RATP ?

Patrick Lapeyre : C’est plus que légitime contrairement à ce que certains veulent faire croire. Les retraites soi-disant privilégiées, ce n’est pas à la SNCF ou à la RATP qu’elles sont… Les députés, les sénateurs, tous ces gens d’en haut, combien de retraites cumulent-ils ? Ils veulent l’égalité des retraites ? D’accord… Que tous ces gens-là, tous ces politicards, partent tous à la retraite à 65 ans avec 1000 euros par mois ! Vous verrez que de l’argent, il y en aura dans les caisses de retraite.

Les caisses de retraite ne sont pas vides, c'est un mensonge, c’est un montage financier pour nationaliser les caisses de retraite et la sécurité sociale pour mieux les privatiser par la suite. La caisse de retraite n’est pas déficitaire.

Macron a vendu son pays.

Je n’ai pas honte de mes opinions. Je suis fils, petit-fils et arrière petit-fils de résistants, j'en suis fier  et je me bats pour mon pays.

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