Menu

La retirada et la Résistance ont été évoquées à travers des films et échanges avec le public

IMG_3529.jpg

Dimanche 14 avril, s'est déroulée au méridional une manifestation d'une rare intensité. En effet, l'Association Hispano Ando projetait les films-témoignages d'Herminia Puigsech sur la Retirada et la Résistance, suivis d'un échange avec son fils Numen Munoz.

Disparue en 2013 (Chevalier de la Légion d'honneur, Croix du Combattant Volontaire de la Résistance, Médaille de la Reconnaissance de la Nation, Croix du Combattant), elle était née à Mataró (Catalogne) et dût fuir l'Espagne avec sa famille en 1939 car son père, maire de Blanes issu du Front Populaire, est alors parti combattre Franco.

Dans la vidéo avec simplicité et précisions, elle raconte sa vie à la ferme, son enfance heureuse à l'école avant-gardiste de F. Ferrer Guardia que vint briser la guerre. La fuite, le froid, les bombes, la faim et l'angoisse, sans oublier la barrière de la langue ont marqué cette petite fille et son frère. Aucun reproche, nulle acrimonie dans sa voix vis-à-vis des conditions d'accueil, notamment de l'internement à Rivesaltes ou Langres. 

Vint ensuite la 2nde Guerre mondiale et l'occupation. Naturellement Hermini et les siens s'engagent pour la défense de la Liberté.  "On était engagé pour la France, on ne se posait pas la question, il fallait le faire, on l'a fait normalement" confie presque gênée celle qui dès 14 ans devient agent de liaison du maquis, transporta armes et messages au péril de sa vie à bicyclette à travers les campagnes.

Ronny Guardia Mazzoleni, conseiller régional se confie : "Quel bouleversant témoignage avec la flamme de la foi en l'Humanité et les larmes de la gratitude chez Herminia quand elle évoque ces Français solidaires et généreux comme ces pauvres paysans de l'Aude, la famille Ancely qui transforma sa bergerie pour les accueillir.

La Retirada, c'est avant tout la chute tragique de la République, assassinée par le soulèvement des généraux le 18 juillet 1936, c'est la défaite des Hommes et des Femmes attachés à la démocratie instaurée le 14 avril 1931. Ainsi quand, au détour d'une conversation, l’association Hispano Ando m'a fait part de son souhait de participer aux commémorations des 80 ans, j'ai proposé de contacter mon ami Numen Munoz pour qu'il vienne avec les films de sa mère le jour anniversaire de la IIè République espagnole."

Les participants ont échangé avec celui-ci, Maire de Verniolle (Ariège) et tous ont été frappés par l'humilité et la détermination de sa mère à transmettre la mémoire de ces moments dramatiques pour faire en sorte que les jeunes bâtissent un monde plus fraternel dans le respect des différences garanti par notre République laïque. Le débat a ensuite tiré les conséquences du franquisme, de la fracture dans la société espagnole contemporaine par rapport à la loi d'amnistie, à l'oubli.

Émilie Muñoz-Dennig, maire de Fleurance, était très émue de faire la connaissance d’un homonyme surtout dans le cadre des commémorations de ce conflit qui a changé le cours de sa vie et de plus de 500.000 espagnols.

La journée, c'est finie autour de tapas dans un moment de convivialité préparé par les membres de Hispano Ando.

IMG_3533.jpg
Numen Munoz, fils de d'Herminia Puigsech, échangea avec le public.
IMG_3521.JPG
Une partie de l'assistance.
Suggestion d'articles
Commentaires d'articles
Suggestion d'articles