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Jazz in Marciac – Eric Bibb & Jean-Jacques Milteau

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En mémoire de Leadbelly …

Eric Bibb, large pork pie hat vissé sur la tête, annonce d’emblée que la soirée sera dédiée à la musique de Leadbelly. Il ne le dit pas, mais c’est en ce jour anniversaire, le 1er août 1934, que le bluesman sort de prison.

Le concert commence donc avec le très controversé Bourgeois Blues, de 1938.

Jean-Jacques Milteau, qui a très tôt découvert la musique noire, et particulièrement le blues, auquel il a décidé de se consacrer, rappelle brièvement qui était Leadbelly :

Le caractère instable de Huddie William Ledbetter, son vrai nom, l'a en effet conduit à rencontrer quelques problèmes avec la justice.

En 1915, il est reconnu coupable de port d’arme et est interné au chaingang du comté de Harrison. Il s’échappe et trouve du travail dans le comté de Bowie, sous le nom de Walter Boyd.

En janvier 1918, après avoir tué un de ses proches, Will Stafford, il est emprisonné à la Imperial Farm de Sugar Land (Texas). C’est alors qu’il entend pour la première fois la chanson traditionnelle des prisons, Midnight Special.

En 1925, après avoir purgé sept ans, il écrit une chanson au gouverneur Pat Morris Neff, qui lui rend la liberté. Selon Charles K. Wolfe et Kip Lornell, dans leur livre The Life and Legend of Leadbelly, Neff amenait régulièrement des invités à la prison le dimanche afin d’assister aux concerts de Ledbetter.
En 1930, après un procès sommaire pour tentative d'homicide, Ledbetter est à nouveau enfermé à la ferme-prison d'Angola, en Louisiane,.

Il sera découvert trois ans plus tard, lors d'une visite du folkloriste John Lomax et de son fils, Alan.
Profondément impressionné par le dynamisme et le vaste répertoire de Ledbetter, Lomax l'enregistrera en 1933 sur un équipement portable, pour la Bibliothèque du Congrès. Il reviendra en juillet 1934 avec un nouvel appareil, enregistrant des centaines de ses chansons.

Ledbetter sera libéré après avoir fait la totalité de la peine minimale, suite à une supplique que Lomax avait envoyée au gouverneur de la Louisiane, Oscar K. Allen sur la face B d'un enregistrement de la chanson Goodnight Irene.

Avec Silverspoon, le concert s’enfonce dans les profondes racines du blues. Les champs de coton ne sont pas loin. Et Milteau de poser une question philosophique : « Le blues a-t-il vraiment existé, ou est-ce une vue de l’esprit ? »

Vient alors cette magnifique version du House of the Rising Sun, à mille lieues de la reprise d’Eric Burdon, version qui m’avait touchée à ce point que j’avais voulu la reprendre avec le guitariste Nicolas Viggiano et l’harmoniciste Pascal Bazin, deux de nos meilleurs musiciens locaux.

Le Midnight Special, un temps interprété par le CCR, n’est pas oublié. Six mille personnes, ravies, sont debout. Les deux comparses, accompagnés par Gilles Michel (basse) et Larry Crockett (drums), reviennent pour l’excellent The Needed Time en rappel.

 

Pierre Painblanc

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