Nogaro – Film et débat sur les grands projets d’infrastructure

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« Grands projets inutiles imposés »

Les HalluCinés (1) présentent le 26 avril un film engagé politiquement, dont on peut ne pas approuver les thèses. Mais il semble intéressant de les connaître, ne serait-ce que pour les discuter. « L’intérêt général et moi » des réalisateurs Sophie Metrich et Julien Milanesi. Ceux-ci lancent le débat après la projection : faut-il s’opposer aux grands projets d’infrastructure, qu’ils renomment «Grands projets inutiles imposés » (GPII). Pourquoi s’y opposer et est-ce que le mouvement d’opposition remet en cause la démocratie ?

Un film qui présente manifs et interviews

Le film prend 3 exemples de GPII : l’A65 (les réalisateurs ont personnellement combattu sa réalisation), la ligne à grande vitesse du Sud-Ouest (LGV) et l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. On voit des manifs contre ces deux derniers projets. Pour l’A65, la caméra la montre vide de tout véhicule pendant plusieurs minutes.

Les interviews mettent en scène des agriculteurs dont la propriété est touchée par l’emprise des chantiers prévus et qui résistent avec leurs associations.

Selon Julien Milanesi, leurs arguments et ceux des membres de leur mouvement ne sont pas égoïstes :

  • ils estiment que l’époque n’est plus aux grands travaux, parce que les infrastructures construites pendant les 30 glorieuses sont suffisantes pour les besoins réels ; il faut seulement améliorer les infrastructures existantes : les nouvelles ne sont plus rentables et n’apportent ni emploi ni prospérité,
  • il veulent corrélativement arrêter de grignoter les terres cultivables : une surface cultivable équivalente à un département disparaît – paraît-il – chaque année,
  • pour les contestataires, créer des autoroutes et des aéroports aggrave le réchauffement climatique, l’heure est au ralentissement de la croissance et non au progrès, mot qui n’a plus de sens aujourd’hui,
  • ils affirment que l’État passe outre les enquêtes publiques, prend ses décisions sans réelle concertation, parfois sans prévenir les propriétaires de l’ouverture de chantiers sur leurs terres et ajoute sans cesse de nouvelles extensions aux projets initiaux,
  • le coût des GPII est exorbitant (par exemple, 20 millions d’euros le km d’autoroute) et serait mieux dépensé autrement,
  • il y aurait une osmose entre certains fonctionnaires et les grands groupes de BTP : Julien Milanesi cite le cas d’un préfet de Loire atlantique qui aurait « pantouflé » dans un de ces groupes.

L’intérêt général, notion en crise

En bref, si l’intérêt général a été de construire des autoroutes et d’autres projets d’infrastructure, ce n’est plus le cas à présent. Selon Julien Milanesi, la notion d’intérêt général est en crise : « il y a plusieurs conceptions de l’intérêt général qui recouvrent plusieurs visions du monde et de l’avenir ».

Le mouvement de contestation du modèle basé sur la croissance d’une part et la concurrence de mégapoles d’autre part, appelle à un modèle économique où les activités soient relocalisées sur les territoires et « tissent un réseau dense de liens sociaux ».

Il n’y aurait pas les institutions démocratiques adaptées

« Le consensus n’existe plus sur la construction de grandes infrastructures » et le mouvement de contestation « met la pression » sur les organes de décision et « est en train de faire imploser le cadre de décision ».

Dans notre système, les élus décident de ce qui est d’intérêt général. Mais une profonde défiance se manifeste envers eux. Selon Julien Milanesi, nous n’avons pas d’institutions démocratiques suffisamment légitimes pour prendre ces décisions.

Le coréalisateur se félicite du succès grandissant du mouvement de contestation des GPII qui « pose la question concrète de l’écologie : on ne peut plus, aujourd’hui en France, bétonner en paix », déclare-t-il. Grâce à ce qu’il appelle « un mouvement d’écologie politique populaire ».

Pourtant, il admet que beaucoup de gens sont attachés à l’idée de progrès et il voit dans les deux attitudes contraires – peu conciliables - un danger pour la démocratie ou un espoir que les conflits la fassent avancer. Mais il ne dit pas comment.

(1) Junior-association de jeunes du lycée d’Artagnan amateurs de cinéma.

1 Sophie Metrich et présentatrice HalluCinés 1bis 260417.jpg
Sophie Metrich et la lycéenne présentatrice membre des HalluCinés
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Sophie Metrich et Julien Milanesi lors du débat qui a suivi la projection (Julien Milanesi porte son bébé)
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Photo de manifestation prise sur l'écran lors de la projection
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Schéma directeur autoroutier - prise sur l'écran lors de la projection
5 Manif au pays basque contre la LGV 1bis 260417.jpg
Photo de manifestation prise sur l'écran lors de la projection
6 Manif contre la LGV 1bis 260417.jpg
Photo de manifestation prise sur l'écran lors de la projection
7 Manif contre l'aéroport NDDL 1bis 260417.jpg
Photo de manifestation prise sur l'écran lors de la projection
8  Manif contre la LGV 1bis 260417.jpg
Photo de manifestation prise sur l'écran lors de la projection
9 Manif contre l'aéroport NDDL et CRS 1bis 260417.jpg
Photo de manifestation prise sur l'écran lors de la projection
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