Flaran, préservée, Marciac, vendu !

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"Flaran, préservée, Marciac, vendu !", cette formule lapidaire traduit tout à fait la conclusion d’évènements qui se sont déroulés dans le Gers et qui ont, à l’époque, alerté l’opinion publique. Le lecteur d’un quotidien départemental a appris tout dernièrement, le titre le stipule, que le cloître de Marciac serait chez ‘’ Citizen Kane ‘’. Disons plus simplement dans le château du magnat de la presse W.Hearsth, un milliardaire californien. Au-delà de cette révélation, pour les Valenciens, cela n’ajoute que plus d’importance à l’intervention décisive de notre historien local de l’époque Philippe Lauzun. Il est bon parfois de mettre en exergue, pour l’édification des personnes, le mérite de compatriotes qui ont préservé le patrimoine local. C’est ce que nous allons faire.

Philippe Lauzun habitait Valence-sur-Baïse, là où se trouve la MAPA, et où auparavant était le presbytère, car Philippe Lauzun avait fait don de sa maison à l’évêché. Il était né à Agen en 1847, sa mère était issue d’une très ancienne famille de Valence-sur-Baïse. Après de brillantes études au Lycée d’Agen, il avait fait son droit à Bordeaux puis à Paris. Après la guerre de 1870 où sa bravoure et son énergie lui valent d’être promu officier, il retourne à Paris. Il y retrouve son ancien maître Batbie qui est alors député du Gers, avant d’être appelé au Ministère de l’Instruction Publique et en devient son secrétaire. Revenu dans le Gers, à Valence-sur-Baïse, commence alors une longue carrière d’historien et d’archéologue. Il publie dans la revue de Gascogne, la Société Archéologique du Gers dont il devient président en 1901, le Bulletin de la Société des Antiquaires de France, la Gazette des Beaux-Arts.

Mais il restera dans la mémoire collective pour son action décisive pour Flaran. La vente des parties les plus intéressantes de l’abbaye avaient eu lieu. Les acquéreurs allaient débuter les démolitions lorsque Lauzun entama ses démarches pour la résiliation du marché. Un décret rendu le 27 avril 1914 lui donna satisfaction. Ses efforts répétés pour en obtenir son classement étaient enfin récompensés. Seule la belle porte romane du XIIème siècle surmontée d’un chrisme ‘’ fort remarquable ‘’ qui faisait communiquer le transept du bras gauche avec le cloître quitta le Gers.

Flaran était sauvée !

Vous qui passez devant la MAPA, ayez une pensée affectueuse pour ce concitoyen dont les obsèques eurent lieu à Valence-sur-Baïse le 23 avril 1920 en présence d’une foule considérable d’amis.

Philippe Lauzun repose dans sa sépulture de famille à Agen. Son buste se trouve dans le bureau de Madame le Maire Maïthé Boca-Lannaud.

Claude Laffargue

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