Résistante et survivante des camps, Jeanine Morisse-Messerli vient de disparaîte

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La ville d’Auch rend hommage à sa mémoire

Avec le décès de Madame Jeanine Messerli-Morisse, survenu le 13 septembre dernier, à l’âge de 100 ans, c’est une grande figure auscitaine de la Résistance qui disparaît.

Née à Auch en 1921, Jeanine Messerli-Morisse a fait partie de ce groupe de jeunes gens qui, le 18 juin 1940, après avoir entendu l’appel du général De Gaulle à la radio, sont montés sur les tables de la bibliothèque municipale d’Auch et ont fait le serment solennel « de tout faire pour chasser l’envahisseur et pour que la France soit libre ».

Le 18 juin 2008, Franck Montaugé, alors maire d’Auch, dévoilait à la bibliothèque, en présence de Jeanine Messerli-Morisse, alias « Niquou » dans la Résistance, une plaque commémorant cet événement. « Dans ce lieu de culture gratuit et ouvert à tous les publics, cette plaque interrogera, suscitera des échanges et des explications sur la grande histoire et l’histoire locale, le sens de l’engagement et du sacrifice, l’oppression, la barbarie, l’Humanité, l’Homme dans ce qu’il est capable du meilleur comme du pire », déclarait Franck Montaugé.

Membre du réseau Prunus, la jeune femme est dénoncée puis arrêtée par la Gestapo en avril 1943. Incarcérée à la prison Furgole de Toulouse, elle est ensuite transférée à Fresne avant d’être déportée, huit mois plus tard, au camp de Ravensbrück, puis au camp de travail de Schlieben dont elle sera libérée, en 1945, par l’armée soviétique.

Après de longues années de silence, à l’âge de 86 ans, Jeanine Messerli-Morisse a livré ses souvenirs à une journaliste qui en a fait un livre, « Là d’où je viens », publié en 2008. Lorsqu'on lui demandait "Comment avez-vous eu le courage de faire ce choix ? ", elle répondait : "Mais enfin, ce n'était pas un choix, on ne pouvait pas laisser faire ça ! " Pas de grands discours, une humanité simple, authentique, concrète.

Elle s’est ensuite attachée à témoigner au cours de conférences et de rencontres qui ont marqué les esprits par la force du message d’optimisme et de confiance en l’avenir qu’elle véhiculait.

"Jeanine Messerli-Morisse était une grande dame. Auch ne l’oubliera pas", conclut le maire Christian Laprébende.

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