A voir absolument à Mourède: «Des hommes et des fleurs», les sculptures de Christine Alias

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En préambule du festival, nous avions demandé à Béatrice Fernando, organisatrice du festival Avoz’art de Mourède, si elle avait un coup de coeur parmi toutes les œuvres exposées et elle nous avait confié en avoir deux : les œuvres de Jean-Marie Parache - les sculptures réalisées à partir de couverts en métal -  et celles de Christine Alias, sculptrice et portraitiste de Lupiac.

Nous vous avions déjà parlé de Christine Alias l’an dernier à l’occasion de l’exposition « Intérieur-Extérieur » qu’elle avait organisée à Lupiac.

https://lejournaldugers.fr/article/43880-lart-sexpose-a-lupiac

Elle présentait lors de cette exposition une série de douze bustes représentant les douze signes du zodiaque réalisés dans leur dimension intimement liée à la nature.

Cette année à Mourède, ce sont encore des bustes qu’elle expose et une statue en pied mais l’inspiration est très différente : elle propose une série de bustes d’hommes parés de fleurs appartenant à des tribus différentes. Ces œuvres sont réalisées en terre cuite et sont patinées avec des pigments naturels.

Des œuvres qui auraient pu être placés à l’entrée de l’exposition tant la puissance de leur regard capte d'emblée celui du visiteur. 

La place que Béatrice leur a choisie – dans la nef – est tout aussi judicieuse : ils trônent comme des divinités tutélaires protectrices des œuvres qui les entourent !

L’avantage d’Avoz’art par rapport à d’autres expositions est que ce festival vous permet de côtoyer les artistes et de bénéficier ainsi d’un éclairage irremplaçable sur les œuvres, celui que nous apporte son auteur.

C’est ainsi que nous avons voulu savoir ce qui avait suggéré à Christine Alias cette série pour le moins originale :

« J’ai découvert le travail d’un photographe, Hans Silvester, qui a réalisé toute une série de portraits d’hommes de la tribu des Surmas en Ethiopie : ce sont des hommes qui se parent de fleurs magnifiques.

Cela m’ a bouleversée de découvrir qu’il y avait des hommes avec une masculinité affirmée qui se parent de fleurs. Ce dialogue entre la masculinité et la fragilité des fleurs m’a interpellée et j’ai fait des recherches pour savoir s’il y avait sur toute la planète d’autres tribus qui utilisaient de la même façon des fleurs au masculin.

J’ai découvert à mon grand étonnement qu’il en existait beaucoup

Par exemple, la statue en pied représente un chevrier d’Arabie Saoudite. Ces hommes qui vivent dans les montagnes dans un milieu rude et très minéral – d’où la patine sombre- se parent de fleurs, quand ils sont jeunes pour être beaux et quand ils sont plus âgés pour les vertus thérapeutiques des fleurs.

J’ai pu découvrir que l'usage des fleurs avait pour chaque tribu des raisons d’être différentes.

Les Mentawaï (hommes fleurs) des îles Mentawaï situées au large de la côte ouest de l'île de Sumatra se parent de fleurs pour être beaux et qu'ainsi leur âme ait envie d'habiter leur corps.

Nous ne pouvions pas ne pas l’interroger sur la seule statue en pied, le chevrier qui attire le regard du visiteur.

« Au départ, je n’avais fait que le buste. Quand il a été terminé, j’ai trouvé dommage de ne pas aller jusqu’au bout.

J’ai donc réalisé cette pièce en plusieurs morceaux ; j’ai découpé mon personnage à la manière des magiciens qui tronçonnent leur partenaire !

J’ai fait cuire les différents morceaux puis les ai assemblés, ce qui n’a pas toujours été simple !"

Nous sommes frappés par la puissance du regard de ses personnages et l’interrogeons sur la technique utilisée pour obtenir ce résultat :

« Je suis autodidacte, j’ai donc beaucoup cherché, eu beaucoup de ratés avant de trouver ce qui fonctionnait, une technique qui est d’ailleurs évolutive.

Pour cette série par exemple, ma façon de traiter le regard est différente pour chaque personnage car chacun exprime quelque chose de différent.

Le papou par exemple a un regard soutenu, c’est un peuple dense, puissant.

Le portrait est quelque chose qui m’anime, qui m’appelle ! "

Venez découvrir de visu les hommes-fleurs de Chrisitine Alias.

Avoz’art se poursuit jusqu’à dimanche 15 août.

Aucune excuse pour ne pas vous rendre à Mourède : l’exposition est ouverte le week-end toute la journée de 10 h à 12 h et de 14 h à 19 h .

Et pour découvrir les autres oeuvres de Christine Alias : https://christinealias32.wixsite.com/sculpture

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