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Aide-soignant et aide à domicile : deux métiers indispensables pourtant mal reconnus

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En nous présenant Aurélien et Saül, l'ADMR souhaite attirer l'attention sur le manque de reconnaissance dont sont victimes les aides-soignants et aides à domicile, métiers pourtant indispensables

Aurélien et Saül : deux intervenants à domicile de l’ADMR, unis par une même passion

Aurélien est « aide-soignant à domicile », Saül quant à lui est « aide à domicile ».

Tous deux ont des points communs : ils travaillent à l’ADMR, ils ont la passion de leur métier, ils exercent leurs missions avec bienveillance auprès des personnes qu’ils accompagnent, leurs visites à domicile rythment le quotidien de bon nombre de personnes chaque jour et ils ont assurément des qualités humaines pour avoir voulu s’orienter dans ce domaine.

Qu’est ce qui les différencie donc …. ?

Aurélien est aide-soignant au sein du SSIAD de l’ADMR Santé Gers, 17 ans d’exercice dans le métier.

Sa journée de travail débute à 7 heures 30 où il se retrouve avec ses collègues et encadrants, pour un temps dédié aux transmissions avant de reprendre la voiture pour commencer sa tournée.

Il enchaînera ensuite ses interventions aux domiciles de 5 personnes en moyenne par matinée pour assurer des soins d’hygiène et de confort, seconder l’infirmier(e), il assurera l’entretien de l’environnement du patient et au-delà des gestes techniques, il aura la mission d’informer et d’accompagner tant les patients que leur entourage et plus globalement, il veillera aux besoins fondamentaux des personnes qu’il accompagne.

Selon la répartition du travail, il repartira parfois faire des après-midis ou des tournées du soir afin d’assurer notamment les derniers soins de la journée et les couchers.

Il croisera d’ailleurs parfois sur son chemin, Saül (ou quelqu’un d’autre…) ils pourront d’ailleurs échanger, s’entraider, s’enrichir mutuellement de leurs pratiques…

Saül quant à lui est aide à domicile au SAAD ADMR de Vic-Fezensac.

Ici, pas de transmission quotidienne avec les collègues, mais dans la mesure du possible il interviendra chez les mêmes personnes que la veille… du coup, il peut se sentir parfois un peu seul et s’attache à observer avec attention tout changement qui devra être porté à la connaissance du cadre de secteur. Il restera parfois 30 minutes… parfois deux heures ou plus selon les tâches qui lui sont confiées...

De l’aide au lever, à l’habillage, à la préparation des repas, de l’accompagnement à l’extérieur pour un rendez-vous médical ou une aide aux courses, de l’aide à la marche ou aide à la toilette, de l’entretien du linge à l’entretien du logement, pour finir sa journée par une aide à la prise des repas, au déshabillage et au coucher.

Tout au long de la journée, Saül devra adapter chacune de ses interventions au public accompagné, selon la prise en charge ou le plan d’aide.

Il devra parfois faire une pause parce que Monsieur X a besoin de parler depuis le décès de son épouse. Discrètement, il s’assurera que Madame Y ne manquera de rien jusqu’à la prochaine visite et veillera à ce que le repas du soir lui donne l’envie de manger… En arrivant chez Madame Z, il trouvera la porte fermée sans que personne ne lui réponde… il contactera le bureau de l’association sans délai, de peur qu’elle ait fait un malaise par exemple… et ce n’est qu’après un appel téléphonique que Mme Z ouvrira finalement la porte, dans la crainte d’être à nouveau importunée par un inconnu….

Parfois, il sera confronté à quelques appréhensions comme de se retrouver face à une porte qui ne s’ouvrira plus du tout parce que beaucoup de personnes qu’il accompagne vivent seules à domicile…

Qu’est ce qui les unit aujourd’hui ?

Le même désir : celui de poursuivre leurs missions, le même vœu : celui de garder leurs convictions…

Nous l’avons bien constaté, même en situation de pic épidémique, ils étaient bien là… toujours en poste afin d’apporter une aide et un soutien indispensable afin de rompre la solitude.

Et quand on leur dit que leur métier est encore peu exercé par les hommes, tant Aurélien que Saül ne perdent pas la face et sortent quelques arguments « béton » du genre :

« Oui, le métier reste très féminisé, cela s’explique notamment par une représentation inexacte de la mission qui nous est confiée et une meilleure reconnaissance de nos métiers pourrait faire disparaitre ce type de préjugés ! »

Et Saül de répondre : « C'est aussi parce qu’on est capables de faire l’entretien du domicile, qu’on est parfois confrontés à des bénéficiaires qui sont surpris de notre choix. Pour autant, certains se disent se sentir plus en sécurité, notamment lorsqu’il faut faire de la manutention. C’est certain… au début, on est davantage testé, on le sait… alors il faut une bonne dose de patience mais une fois qu’on a fait ses preuves, on a relevé le défi ! »

Et de conclure : « Si nous pouvons donner une vision du métier qui va à l’encontre des idées reçues, alors c’est que nous sommes encore plus utiles. »

L’un comme l’autre, assurément indispensables et pourtant….

Aujourd’hui, l’un comme l’autre sont les grands oubliés du Ségur de la Santé…

Si l’on reconnaît que leurs missions respectives sont indispensables au maintien à domicile, le réseau ADMR déplore que la reconnaissance qu’on leur doit ne soit pas à la hauteur (dernièrement l’avenant 43 à la Convention Collective permettant de revaloriser les métiers de l’intervention à domicile n’a pas été agréé) et l’ensemble des responsables de l’ADMR tirent la sonnette d’alarme. « Au-delà des remerciements, au-delà des différents rapports, des multiples concertations, des projets de lois, de la volonté affichée du corps politique, l’ADMR réclame non plus des remerciements mais bel bien des actes concrets pour les professionnels de l’intervention à domicile ! »

Cela fait déjà un certain temps que les services d’aide, d’accompagnement et de soins à domicile préviennent : « On va dans le mur, il faut revaloriser nos métiers… ».

Aujourd’hui nous y sommes bel et bien, au pied du mur ! La réalité quelle est-elle ? Le manque d’attractivité est telle que les difficultés de recrutement sont croissantes, qu’au sein de beaucoup de SAAD, il faut désormais un délai d’attente pour prendre en charge un nouveau bénéficiaire faute de personnels suffisants, -situation inédite au sein de ce type de service-.

Cela engendre également d’autres problématiques telles que par exemple le recours au gré à gré, mode d’intervention pas du tout adapté aux personnes fragilisées qui se retrouvent à devenir tout à coup employeur sans rien y comprendre  et où beaucoup de dérives sont permises…

Au sein des SSIAD, c’est aussi la question des financements qui fait qu’une personne en besoin de soins – pourtant immédiats - sera aussi inscrite en « liste d’attente »….

Le monde tourne -t-il rond ?!?!

Nous l’avons compris, l’ADMR appelle de son vœu le plus cher que les professionnels soient reconnus à la hauteur de leur engagement !  Pour que ne cesse pas l’envie de « travailler pour les uns et d’apporter une aide pour les autres… ».

Photo : ADMR - Saül à gauche, Aurélien à droite

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