À la Manufacture de Lectoure, l ’exposition de la rentrée met à l’honneur un couple gersois uni par la même passion créative. Kelsy et Patrick Barbier partagent bien plus qu’une vie : une complicité artistique qui nourrit leurs œuvres et les rend souvent complémentaires.
Elle façonne des sculptures en céramique, en bronze et en kôzo, où la force rencontre la délicatesse. Lui saisit la beauté fugace du monde à travers son objectif, des nuages voyageurs aux instants suspendus.
Leur art se rejoint dans la subtilité, l’aérien et une sensibilité commune, où l’émotion prend toute sa place. Ensemble, ils invitent à lever les yeux, à s’émerveiller, à se laisser toucher par l’harmonie de leur univers.
Une rencontre à ne pas manquer, où créativité et authenticité dialoguent avec poésie.
Vernissage en présence des artistes : le 15 septembre de 17h a 20h.
Passionné de photographie depuis 50 ans, Patrick Barbier a choisi très tôt cet art comme son langage privilégié. Pour lui, photographier, c’est avant tout partager un regard, capter un instant et le restituer pour qu’il puisse être redécouvert ailleurs, plus tard, par d’autres. La photographie devient ainsi une passerelle, une mémoire sensible, une invitation à observer le monde autrement.
Membre actif des Clubs Photo de Fleurance et d’Auch, Patrick se considère moins comme un technicien que comme un témoin. Son rôle est d’immortaliser l’éphémère, de figer un fragment de réalité, non pas pour le posséder mais pour l’offrir. Chaque cliché devient un récit muet, une trace qui permet de revivre un moment ou d’ouvrir les yeux sur ce que l’on oublie trop souvent de regarder.
Avec sa série consacrée aux nuages, il choisit de lever l’objectif vers le ciel. Ces « vagabonds des airs », parfois vaporeux et légers, parfois sombres et menaçants, l’inspirent par leur diversité et leur constante métamorphose. Ils glissent, s’étirent, se heurtent, se dispersent. Ils témoignent des forces invisibles qui traversent l’atmosphère : les vents, l’humidité, la chaleur. Photographiés pour la plupart autour de Mauvezin, mais aussi au détour de ses déplacements, ces nuages racontent un monde en mouvement, insaisissable et pourtant familier. Par son regard, Patrick nous rappelle qu’il suffit de lever la tête pour entrer dans ce spectacle grandiose et quotidien. Être attentif, curieux, un brin rêveur, c’est déjà faire un pas vers l’émerveillement.
Pour lui, s’émerveiller est essentiel à la vie : cela nourrit une énergie créatrice, ouvre la curiosité et pousse à un plus grand respect de la nature et de l’environnement. Ses photos ne sont donc pas seulement des images : elles sont des invitations à ralentir, à contempler, à ressentir.
Il ne limite pas son talent à la photographie. Grand bricoleur, doté d’un sens artistique aiguisé, il conçoit également les supports qui accompagnent les œuvres de son épouse Kelsy. Socles en bois, tiges et tubes en cuivre, fils d’acier… Chaque détail est pensé avec minutie, chaque structure réalisée avec précision. Ces réalisations techniques se transforment en prolongement poétique, venant compléter les sculptures avec élégance. Ainsi, son savoir-faire manuel s’unit à l’univers créatif de Kelsy, renforçant leur complicité et leur complémentarité.
La photographie, pour lui, est une manière de garder un lien vivant et fort avec le monde. Après l’avoir pratiquée même professionnellement durant quelques années, il continue aujourd’hui avec le temps et la liberté que lui offre sa retraite. Les nuages, les paysages et les instants suspendus deviennent autant de témoignages sensibles, portés par un regard attentif et poétique.
Cette exposition est l’occasion de découvrir son travail dans toute sa profondeur : une ode au ciel et à la lumière, une invitation à la rêverie, mais aussi un appel discret à la conscience et au respect. Car chez Patrick, la photographie n’est jamais un simple décor, elle est une ouverture vers l’essentiel.
L’art est le « dérivatif » de Kelsy, aujourd’hui jeune retraitée après une carrière riche et tournée vers l’humain, en tant qu’infirmière libérale et praticienne en hypnose. Une vie entière à soigner, à écouter, à accompagner, qui trouve aujourd’hui son prolongement dans la création. Car pour elle, l’art n’est pas une rupture mais une continuité : une autre manière d’entrer en relation avec le monde, de le transformer et de lui donner du sens.
Artiste autodidacte depuis plus de 35 ans, Kelsy a d’abord exploré la peinture, à l’acrylique comme à l’aquarelle, qui lui ont permis d’apprivoiser couleurs et transparences. Rapidement, elle s’est tournée vers la matière, découvrant le modelage de l’argile, puis l’univers exigeant du bronze. Ces étapes ont marqué autant de jalons dans sa quête artistique, lui offrant la liberté de conjuguer la douceur et la force, le mouvement et la permanence.
Inspirée par des figures majeures telles que Modigliani ou Jeanclos, elle revendique une multiplicité dans sa pratique : une façon de signifier qu’il n’existe pas une seule voie pour créer, mais mille chemins à emprunter. Son style n’est jamais figé : il se réinvente, évolue, s’adapte, comme une respiration continue.
Libérée des carcans académiques, Kelsy transforme les aléas de la vie en énergie créatrice. Elle avance portée par ses tripes, son insatiable envie d’explorer, mais aussi par une flamme inextinguible qui l’anime depuis toujours. Pour elle, créer n’est pas un choix mais une nécessité vitale, une évidence intérieure qui s’impose comme une seconde nature. Sa curiosité et sa sensibilité se retrouvent dans chacune de ses pièces, empreintes de respect pour la matière, d’amour pour l’Art, mais aussi d’une sincérité pure.
Ses passions multiples irriguent son univers : la danse, la couture, le piano. Autant de domaines qui affinent son rapport au rythme, à la texture, à l’harmonie. Chaque geste, chaque note, chaque pas nourrit son imaginaire et enrichit sa pratique plastique. Ses « doigts de fée » traduisent cette délicatesse et cette précision, capables d’inventer, de transformer et de révéler ce que la matière cache encore.
Kelsy nous a préparé une sélection d'œuvres : sculptures en céramique et en bronze, mais aussi quelques sublimes femmes majestueuses réalisées en kôzo, fibre végétale du Japon aux tons écrus. Cette matière, légère, aérienne et transparente, l’inspire profondément. Elle lui permet de travailler une autre dimension, entre fragilité et spiritualité, tout en prolongeant son parcours vers un art plus intime, presque méditatif. Ses créations en kôzo respirent la lumière, laissent passer l’air, et incarnent une forme de poésie silencieuse.
Cette exposition est bien plus qu’une présentation d’œuvres : c’est l’occasion de rencontrer une femme entière, passionnée, en quête constante de renouvellement et d’authenticité où se rejoignent force et délicatesse, énergie et subtilité, terre et transparence.
Un rendez-vous avec le beau, à l’état purement poétique.

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