Petite parenthèse

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Temps de chien

Paris a des allures vénitiennes. Le nord de la France ressemble à un immense marécage. Dans le Sud, la luminosité commence à faire cruellement défaut. Moral dans les chaussettes (mouillées de surcroît), libido en berne, les Français font pâle figure et scrutent désespérément le ciel, à la recherche d’un petit bout de carré bleu… Il n’y a pas à dire, l’année 2018 débute avec un vrai temps de chien !

Pourquoi diable le chien donne-t-il cette tonalité négative et excessive dans toutes les expressions où il apparait ? Une douleur insupportable devient « un mal de chien », un mauvais accueil équivaut à être traité « comme un chien » … Molière, par la voix de Sganarelle, n’hésitait pas à dresser le portrait peu élogieux de Dom Juan en le traitant de « chien ».

Celui qui est considéré de nos jours comme le meilleur ami de l’homme ne l’a pas été de tout temps. Il fut une époque où notre fidèle compagnon à quatre pattes était perçu comme méprisable, sale, et méchant, que ce soit en Orient ou en Occident. Les religions, elles-mêmes, le tenaient pour moins que rien, ou porteur de fléaux. Au Moyen Âge, les chrétiens qualifiaient les païens ainsi, car jugés inférieurs du fait qu’ils n’étaient pas baptisés.

Il semblerait que les expressions se terminant par « de chien » viennent de l’inversion « chien de », ou « chienne de ». Voltaire évoquait d’ailleurs « une chienne de vie » dans ses « Œuvres complètes ».

Toujours est-il qu’avec la montée des eaux et les pics de crue en prévision, les Français auront de bonnes raisons d’afficher un air de chien battu, ou d’être d’une humeur de chien !

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