Lectoure honore la mémoire des prisonniers de Rawa-Ruska

INAUGURATION PLAQUE RAWA-RUSKA
INAUGURATION PLAQUE RAWA-RUSKA

C'est un hommage empreint d'émotion qui s'est déroulé dimanche 28 juin à Lectoure. En présence de la sous-préfète, de nombreux élus, des autorités militaires, des représentants du monde combattant, des familles et d'un large public, une plaque commémorative a été dévoilée en mémoire des prisonniers de Rawa-Ruska, ces soldats français et belges victimes du camp de représailles nazi installé en Ukraine durant la Seconde Guerre mondiale.

À l'initiative de l'association départementale Rawa-Ruska du Gers, cette nouvelle stèle vient enrichir le parcours mémoriel engagé depuis plusieurs années dans le département, après Panjas, Condom et Auch.

Dans son allocution, le président de l'association, Franck Barsacq, a rappelé le destin des quelque 22 000 prisonniers internés dans ce camp surnommé « le camp de la mort lente ». Punis pour leurs tentatives d'évasion, leurs actes de résistance ou leur refus de servir l'ennemi, ils connurent la faim, le froid, les privations et les humiliations. Ils furent également les témoins directs de la Shoah par balles.

« Cette plaque n'est pas un simple élément de granit. Elle est un repère, un signal, un appel », a-t-il déclaré. Un appel à transmettre une mémoire qui, selon les mots d'André Malraux cités au cours de la cérémonie, « ne s'hérite pas, elle se conquiert ».

Le choix de Lectoure revêt une forte portée symbolique. Implantée à proximité du carré militaire des Tirailleurs sénégalais, la plaque rappelle que le sacrifice pour la liberté n'a ni origine, ni couleur, ni frontière. Deux mémoires se répondent désormais dans ce lieu chargé d'histoire.

L'émotion a été particulièrement vive lorsque furent évoqués plusieurs anciens prisonniers gersois, parmi lesquels Robert Duclos, ancien vice-président de l'association, Émile Serres et Élie Davasse, dernier survivant gersois de Rawa-Ruska, dont l'histoire est restée longtemps méconnue. Des hommages qui ont rappelé que derrière les chiffres se trouvent avant tout des destins humains.

Au-delà du souvenir, cette cérémonie portait un message résolument tourné vers l'avenir. Alors qu'un vaste programme de numérisation des archives est engagé afin de préserver cette mémoire, Franck Barsacq a insisté sur le rôle essentiel des familles, des collectivités et des jeunes générations dans cette transmission.

En remerciant la municipalité de Lectoure, et tout particulièrement le maire Julien Pellicer et son adjointe Françoise Bernard-Sirat pour leur engagement, le président a conclu son intervention par un message fort : « Nous disons que ces hommes comptent encore. Nous disons que leur courage nous oblige. »

Sous les applaudissements de l'assistance, le voile est finalement tombé sur la plaque. Un geste simple, mais lourd de sens, qui inscrit désormais dans la pierre lectouroise le souvenir des 80 Gersois passés par Rawa-Ruska et, plus largement, celui de tous les prisonniers de ce camp de représailles. Un nouveau lieu de mémoire est né, afin que leur histoire continue d'éclairer les générations futures.

Coordonnées du Président : [email protected]

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