Juin 1914, la guerre menace. On mobilisera bientôt pour un conflit mondial qui fera près de 10 millions de morts et de disparus et dans lequel les aéroplanes se distingueront.
Mais la prestigieuse Coupe Michelin internationale voit s’affronter les premiers as de l’aviation dans une compétition qui consiste, au départ de Villacoublay, à parcourir dans le meilleur temps 3 000 km à travers la France au gré d’étapes imposées avec halte nocturne. Parmi eux, Eugène Gilbert, « le roi des ailes », à bord de son élégant monoplan Morane-Saulnier.
Le 8 juin, il s’engage dans l’étape Nîmes-Pau mais des vents contraires avec surconsommation de carburant l’obligent à se poser en fin de journée alors qu’il survole Mirande en direction du Nord-Ouest. L’aéro-club et son terrain n’existant pas encore (ils ne verront le jour qu’en 1937) on suppose qu’il atterit sur un terrain de fortune en pleine campagne, probablement une prairie.
On imagine la surprise des habitants du lieu ! Et du branle-bas de combat qui dut s’ensuivre. On sait en effet que l’aviateur dut trouver du carburant, s’alimenter et dormir (probablement chez l’habitant) avant que de reprendre sa course au petit matin, à bord de son frêle engin de toile et de bois qui n’avait apparemment pas souffert. Le journal Le Matin du 10 juin 1914 (qu’Henri Calhiol a retrouvé) rapporte que son escale mirandaise dura 10 heures dont 7 pour se sustenter et dormir.
C’est lui qui gagnera cette coupe avec un temps de 39 heures et 35 minutes de vol total. A cette époque, les aviateurs (et les mondains) consommaient une boisson tonique autorisée (le « Vin Mariani ») à base de feuilles de coca macérées (qu’on considère comme l’ancêtre du Coca-Cola, lui décocaïnisé). On ne parlait encore pas de dopage.
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