Communications :
Pascal Geneste, Le d’Artagnan de Charles Samaran.
À l’heure où, depuis plusieurs mois, d’Artagnan est à nouveau mis à l’honneur auprès du public, il paraît important de rappeler qu’après les approches romanesques de Courtilz de Sandras puis d’Alexandre Dumas, on doit à un éminent Gersois d’avoir inauguré, au début du
XXe siècle, les études purement scientifiques sur le personnage.
Personne ne s’est intéressé aux archives personnelles de Charles Samaran relatives aux travaux qu’il a consacrés à sa Gascogne natale. Durant plus de quarante ans, elles sont demeurées vierges de toute recherche, d’une part, parce qu’elles ont longtemps été conservées
par ses ayants-droit, d’autre part, parce que les Archives départementales où elles sont conservées ne les ont classées que récemment.
Après une enfance heureuse à Cravencères où il naît en 1879, Samaran vit douloureusement de devoir gagner le pensionnat du lycée d’Auch à l’âge de 11 ans mais il y reçoit de nombreux prix et, poussé par son professeur de seconde, s’oriente vers les concours des grandes écoles parisiennes. En 1897, il entre à l’École des chartes et fera à Paris toute sa carrière, qui culmine lorsqu’il devient directeur des Archives de France entre 1941 et 1948. Il demeure cependant passionné par l’histoire de sa région natale où il se rend régulièrement jusqu’à venir y mourir en 1982, à plus de cent ans.
L’une de ses œuvres-phares, qui en fait un historien de premier plan souvent sollicité par les médias, est le D’Artagnan, capitaine des mousquetaires du roi qu’il publie en 1912, devenant ainsi le premier historien et biographe de ce mousquetaire de légende.
Ses archives révèlent que c’est Adrien Lavergne, vice-président de la Société archéologique du Gers, qui lui suggère, au tournant des années 1910-1911, de réaliser un travail sérieux de recherches sur Charles de Batz de Castelmore, jugeant qu’il est le mieux placé pour
ce faire, en raison de ses origines gersoises, de sa prestigieuse formation et de sa carrière parisienne qui lui donne accès à toutes les ressources nécessaires.
Samaran se met à la tâche et livre, un an plus tard, le manuscrit de sa biographie, agrémentée d’une série d’appendices sur les homonymes et parents de d’Artagnan et de l’édition de 24 documents originaux, la plupart issus du Dépôt de la Guerre et du Minutier central des notaires parisiens. Les notes retrouvées illustrent parfaitement la fabrique d’un historien pleinement inscrit dans le courant positiviste de l’époque.
Aujourd’hui, Charles Samaran, mort il y a plus de quarante ans, semble périmé, remplacé par Odile Bordaz, actuelle biographe de d’Artagnan. Pourtant, il a permis en son temps une prise de conscience des autorités départementales qui, dès avant la Première Guerre mondiale,
inspirées par le d’Artagnan de Samaran, ont souhaité édifier à Auch un monument à la gloire du héros gascon.
Jacques Couzinet, L’Express, le gorgeoir de Théodore Auxion, la réussite industrielle d’un Vicois de Grassio.
En Gascogne, région de tradition d’élevage de l’oie et de pratique du gavage, dès 1907, un artisan de Vic-Fezensac, Théodore Auxion, conçoit, fabrique et distribue un moderne appareil à gorger les oies. L’Express, son nom commercial, révolutionne la pratique du gavage dans nos campagnes.
Chose peu courante en ce début de XXe siècle, Théodore n’hésite pas à breveter ses inventions. Il dépose cinq brevets pour se protéger de la concurrence. Aucun des brevets ne relève d’une très grande technicité mais chacun correspond à une observation des besoins du
monde agricole environnant et répond à une problématique. Cinq brevets mais seulement trois outils différents puisque deux brevets correspondent à un perfectionnement de l’initial :
l’appareil à gorger les oies, un plantoir et enfin une pelle à grain. Concernant le gorgeoir, « cette invention a pour objet un appareil portatif pour gorger les oies, essentiellement caractérisé par la disposition dans le récipient contenant les grains, et le bec de ce dernier d’une spirale,
constituée d’un fil en forme d’hélice, se combinant avec une palette supérieure pour attirer le grain et le refouler dans le gosier de la volaille."
L’ingéniosité de Théodore Auxion ne se limite pas à la conception et la fabrication de nouveaux outillages ; il manifeste un talent certain pour promouvoir sa production par une énergique campagne publicitaire. Il se déplace sur de très nombreuses expositions industrielles et autres concours, sur tout le territoire national (Toulouse, Bourgoin-Jallieu, Nancy sans oublier Condom, Mirande…) et même à l’étranger (Rotterdam), où il obtient de nombreuses médailles d’honneur. Il affiche les distinctions sur ses documents publicitaires et commerciaux : papier à en-tête, factures, enveloppes…
En 1928, Théodore Auxion décède à l’âge de 54 ans. L’entreprise va lui survivre avec sa veuve, puis avec son salarié, Émile Garros, qui épouse la belle-fille née du premier mariage de Julie Auxion. Cent ans plus tard, toujours à Vic-Fezensac, la SARL Garros et Fils propose ses
spécificités : usinage, chaudronnerie industrielle et soudures spéciales tout en conservant la spécialité initiale, la conception et la vente de gaveuses électriques modernes.
• A l'issue de la séance, ont été présentés les livres de M. Alain Rançon sur l’Histoire de Condom ainsi que deux romans.
Signalons aussi la sortie du livre d’Alain Beyneix « Villégiatures singulières en terre méridionales ».
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