Entretien avec Xavier Barella, nouveau président du Club Taurin Vicois : une philosophie inchangée

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Le Club Taurin Vicois a renouvelé son bureau après la feria 2025. À sa tête, un visage familier des arènes : Xavier Barella qui succède à André Cabannes. Passionné de tauromachie depuis l’enfance, il entend poursuivre la ligne tracée par ses prédécesseurs, dans le respect de l’identité vicoise.

Un enracinement vicois

Né en 1979, Xavier Barella a grandi à Vic-Fezensac, route de Marambat. Sa première corrida ? « En 1983 ou 1984, j’étais tout gamin. Et je ne suis pas traumatisé ! Depuis, je n’ai manqué aucune feria… sauf une, avec la jambe dans le plâtre. Les escaliers n’étaient pas adaptés aux béquilles, et je peux vous dire que je l’ai très mal vécu ! »
En 2013, il franchit le pas du bénévolat au Club Taurin. Deux ans plus tard, il devient membre, puis entre au conseil d’administration en 2019. Secrétaire, puis trésorier en 2023, il est élu président en 2025. « Je connais l’institution de l’intérieur, avec toutes ses exigences. »
Professeur de droit à Rennes, il parvient à concilier vie professionnelle et engagement associatif : « Mon statut d’universitaire m’offre une souplesse. Je passe trois jours en Bretagne et le reste du temps entre Toulouse et Vic.»

Une philosophie inchangée

Le nouveau président est catégorique : la ligne de Vic ne changera pas.
« La philosophie des arènes est celle de Paul Clarac : des toros toros pour ceux qui veulent bien se mettre devant. On ne sait pas organiser de corridas plus “douces”, et surtout notre public n’y viendrait pas. Moi-même, j’ai appris la tauromachie sur les gradins de Vic. C’est cette tauromachie-là qui m’intéresse. Faire à Vic le même cartel qu’à 60 kilomètres n’aurait aucun intérêt. Notre force est dans la différence. »
Il rappelle également que la corrida-concours reste indissociable de la feria vicoise : « Elle fait partie de notre ADN.»

Attirer les jeunes malgré la hausse des coûts

Le prix des places reste une difficulté majeure. « Tout augmente : le transport des toros a doublé en trois ans, et les toros eux-mêmes coûtent de plus en plus cher. Baisser les tarifs est compliqué. Mais nous proposons des solutions, comme l’abono à 50 euros pour les moins de 25 ans. »
Les résultats sont là : « Depuis deux ans, on sent un retour des jeunes aux arènes, à Vic comme à Mont-de-Marsan, Dax ou Bayonne. La communication y contribue aussi. Nous avons réorienté notre présence sur les réseaux sociaux, et cela fonctionne. Deux jeunes couvrent la feria avec de courtes vidéos, et l’impact est immédiat. Quand ils ont filmé l’arrivée des Prieto de la Cal le lundi soir, le lendemain les ventes pour la novillada ont bondi. »

Répondre aux oppositions par l’explication

Sur la question sensible des attaques contre la corrida, Xavier Barella défend une stratégie simple : expliquer.
« Quand on prend le temps de présenter les choses, les gens portent un regard différent. Nous vivons dans une société où tout doit rentrer dans un cadre. Par réflexe, de nombreux jeunes choisissent de revenir aux traditions, ici dans le Sud-Ouest comme dans le Sud-Est. Le projet d’interdiction déposé par le député Caron a d’ailleurs eu un effet paradoxal : il a ramené du monde aux arènes. »

Une féria 2025 en demi-teinte

Si l’édition 2023 et surtout celle de 2024 avaient placé la barre très haut, 2025 restera plus nuancée.
« On ne peut pas toutes les réussir. Cette année, la feria a mis du temps à démarrer. La corrida-concours n’a pas été du même niveau que les deux précédentes. La corrida de Dolores a beaucoup déçu. Il n’y a pas eu “la” grande corrida, mais il y a eu des moments intéressants. Les toros ont été lourdement châtiés à la pique, cela a influé sur leur comportement. »

Des arènes à l’heure des grands travaux

Locataire d’un bâtiment public, le Club Taurin Vicois participe activement aux réflexions en cours.
« Un bureau d’études a été missionné pour réfléchir à l’avenir des arènes comme établissement polyvalent, avec bien sûr le maintien de leur spécificités taurine. Nous avons rempli un long questionnaire pour définir nos besoins : piste, corrals, billetterie, pourtour… Le but est de trouver un compromis avec Tempo et d’autres associations utilisatrices. »
Des travaux de sécurisation ont déjà été effectués sur la galerie, mais d’importants chantiers sont encore attendus.

2026 en ligne de mire

Le nouveau bureau a déjà quelques idées pour la feria 2026. « Nous irons au campo en octobre. Comme toujours, nous choisirons d’abord les toros, puis nous proposerons les six titulaires aux toreros. À Vic, c’est la règle : à prendre ou à laisser. »

Le nouveau bureau du Club Taurin Vicois

  • Président : Xavier Barella

  • Vice-président : Étienne Barbazan

  • Trésorier : Jean-Marc Lafforgue

  • Trésorier adjoint : Bernard Cahuzac

  • Secrétaire : Estelle Moran

  • Secrétaire adjoint : Yann Bridonneau

  • Chargée de mission partenariat : Isabelle Boulet-Magné

Photo-titre : Xavier Barella et Etienne Barbazan 

Propos recueillis par Pierre DUPOUY

 

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