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Urgences diurnes ou nocturnes

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Jean-Pierre Deméautis kiné à Plaisance témoigne

Je suis indigné !

Je suis kinésithérapeute, ce vendredi, une patiente s'est sentie mal dans la salle d'attente. Ces symptômes ressemblaient à un malaise cardiaque, ce qui sera confirmé plus tard par le centre des urgences.

Nous avons donc appelé les pompiers. Nous sommes tombés sur le centre des pompiers d'Auch (Sdis) qui, après quelques questions rapides, nous a transféré vers le SAMU d'Auch.

Là, une personne qui visiblement n'était pas un médecin, nous a posé, à nous et à la patiente, toute un série de questions, pour conclure qu'elle allait nous transférer au SAMU de Tarbes car Plaisance étant plus proche de Tarbes que d'Auch, nous dépendions du SAMU 65.

Là, une autre personne a recommencé le même questionnaire. Pour finir par conclure qu'elle allait nous envoyer les pompiers de Plaisance. Pompiers de Plaisance qui, et nous les en remercions chaleureusement, ont mis moins de 10 minutes à arriver.

Entre le moment de notre appel et l'arrivée des pompiers, il s'est écoulé plus de 40 minutes. Et nous parlons d'un malaise cardiaque …

On nous dit que cette procédure est pour une meilleure gestion des prises en charge des urgences ???

Pendant des années, jusqu'en 2006, mon cabinet se situait à côté du centre des pompiers de Plaisance. A cette époque, en cas de problème, vous appeliez directement les pompiers de Plaisance. Et pendant des années, j'ai pu constater qu'entre le moment où la sirène sonnait et le départ de la première voiture de pompiers, il s'écoulait à peine plus de 5 minutes. Où est le progrès dans la prise en charge ?

Ces procédures sont sans doute efficaces en milieu urbain, mais absolument inadaptées dans nos campagnes où nous savons dès le départ que ce sont les pompiers VOLONTAIRES du village qui vont devoir intervenir.

J'avais déjà eu une expérience similaire, une nuit alors qu'un de mes proches avait ressenti de fortes douleurs abdominales. J'avais alors appelé le SAMU, puisqu'il est interdit aux médecins du village d'effectuer des gardes au-delà de minuit, pour raisons économiques, afin de ne pas avoir à rémunérer leurs heures de garde de nuit.

Là, après une série de questions, le SAMU d'Auch m'avait dirigé vers le SAMU de Toulouse (140 km de Plaisance). Car de nuit, c'est le Samu régional qui gère les interventions.

Et là après 7 minutes d'attente avant qu'ils ne répondent car ils sont débordés à gérer toute la région, une personne m'a posé toute une série de questions pendant que le malade était en crise à mes côtés. Pour finir par me demander si je ne pouvais pas emmener moi-même la personne aux urgences. Quand je lui ai dit qu'il y avait 50 km à faire, il a fini par m'envoyer une ambulance. Sans médecin, évidemment car il n'y a plus de médecin de garde. L'ambulance est arrivée rapidement car, par chance, c'étaient les ambulanciers de Plaisance qui étaient de garde cette nuit là et non ceux d'un autre village à 15 km de Plaisance...

Faire des économies, oui, mais à combien estime-t-on notre vie ?

Est-ce quelqu'un qui termine handicapé parce qu'il a fait un AVC et que l'intervention des médecins est arrivée tardivement, ne coûte pas très cher à la société ? Sans parler de l'aspect humain pour la personne.

Toutes ces mesures fonctionnent probablement quand on habite en ville et qu'il y a les urgences à moins de 10 minutes de chez vous ou que vous pouvez appeler SOS-médecins. Mais pour nous, gens de la campagne ?

Jean-Pierre Deméautis

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