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Nogaro – Il y avait foule aux obsèques de Lydie Dupuy

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Des hommages émouvants pour sa personne et son parcours

Nogaro a fait à Lydie Dupuy, le 12 juin 2017, des obsèques dignes de la grande femme politique qu’elle a été. L’église est pleine pour la cérémonie célébrée par l’abbé Claude Baudé. La famille est là, notamment Élisabeth Dupuy-Mitterrand, fille de Lydie, ses fils William et Adrien, ses petits-enfants Naomie et Nathan. De nombreux maires sont présents, ainsi que d’autres autorités et un nombreux public.

Après plusieurs lectures de textes de l’Écriture coupés par des temps de recueillement, le prêtre lit l’Évangile des Béatitudes et prononce une homélie, avant de laisser la parole aux porteurs de témoignages. Tous décrivent une personnalité qui a choisi un engagement difficile et l’a conservé jusqu’au bout : dans la Résistance, pour les Droits de l’Homme et contre toutes les injustices. Elle voyageait dans le monde entier pour faire bouger les choses pour la dignité de l’Homme.

Hommage de Christian Peyret

Le maire de Nogaro décrit le parcours de Lydie Dupuy, née en 1924, qui rencontre son futur mari, Jean Dupuy, dans la Résistance en Charente. Quant à son engagement au PS, il date du jour, en 1965, où elle a entendu un discours de François Mitterrand. Elle se lance en politique, alors qu’il n’y avait alors guère de parité. De 1981 à 1986, elle devient députée, membre de la Commission des affaires étrangères et présidente fondatrice de l’Interparlementaire des Droits de l’Homme de 1982 à 1986. De 1986 à 1992, elle est conseillère régionale, puis membre du Conseil économique et social de 1993 à 1995. Vice-présidente de la Fédération internationale des Droits de l’Homme, elle parcourt le monde pour la défense de ceux-ci (URSS, Chili, Canada, Turquie).

La porte de Lydie Dupuy, à Nogaro, était ouverte à ceux qui lui racontaient leurs problèmes : « problèmes elle avait souvent su trouver des solutions ». De plus, les militants du PS se retrouvaient dans sa maison pour écouter « ses analyses fines et éclairées ».

Il conclut : « ...vous avez traversé les époques avec toujours le même allant, vous avez affronté les épreuves de la vie toujours avec le même courage, la même élégance ».

Hommage de Michaël Aurora

Premier secrétaire de la fédération du Gers du PS, Michaël Aurora parle au nom des parlementaires et des militants de son parti. Il dit le respect et l’affection dus à Lydie Dupuy, « une personnalité éminente sachant rester proche des gens ». Il décrit une femme de caractère : « elle avait peur de tout, mais était capable de prendre tous les risques pour défendre ses valeurs et son idéal. » Elle a consacré sa vie à la défense des Droits de l’Homme et à la cause féminine : « elle s’indignait devant toutes les injustices et toutes les discriminations ; elle voulait être la voix des  opprimés, des minorités, des humiliés, des exilés ».

En retraite, elle continue à suivre l’actualité nationale et internationale et à s’indigner contre les injustices. L’orateur conclut : « Lydie Dupuy incarnait au plus haut degré les vertus de l’éthique en politique ».

Hommage de Jean-Pierre-Pujol

Jean-Pierre Pujol, ancien président du Conseil départemental et ancien maire de Nogaro vient au micro. Il dit combien il partage l’immense peine de la famille et des proches de Lydie Dupuy. Tous ceux qui l’ont connue resteront marqués par l’étonnante richesse de sa personnalité et de sa densité de vie, par son approche toujours agréable, la pertinence de ses analyses et son ouverture d’esprit.

L’ancien maire décrit le caractère de Lydie Dupuy : militante convaincue, tolérante, rebelle (ce qui l’a conduite à la Résistance et à l’affirmation des Droits de l’Homme même quand cela n’entrait pas dans la politique française). Mais aussi tenace (prendre le temps, mais sans jamais dévier du but, s’adapter aux personnes et aux choses et persévérer pour réussir) et « vivante, débordante de vie et de vitalité ».

Il conclut : tous ces combats, ce n’était pas spectacle, coquetterie, encore moins calcul.

William Affif, petit-fils de Lydie Dupuy

C’est un petit-fils de Lydie Dupuy plein d’affection, qui prend la suite des hommages-témoignages et prononce des paroles émouvantes pour sa grand-mère : « mamie avait une grande empathie, elle était d’une extrême générosité et d’une gentillesse infinie ». Il souligne qu’elle restait la même « avec les plus grandes personnalités ou avec les personnes rencontrées au hasard ». Autre trait de caractère – qui fait l’unanimité – « elle a toujours été révoltée contre l’injustice, le racisme et l’hypocrisie ». Ému, il avoue : Je me suis bâti au contact de ses valeurs ; ma grand-mère m’a accompagné tout au long de ma vie ». Plus personnel encore, il ajoute : « Nous nous parlions une à deux fois par semaine (…) ces moments simples de partage et d’intimité vont me manquer plus que tout ».

Adrien Mitterrand termine les hommages-témoignages

Pour le deuxième petit-fils de Lydie Dupuy, celle-ci a représenté une référence dont l’engagement, jamais démenti, fut profondément sincère.

. Pour sa famille comme pour ses amis. Militante de gauche, elle critiquait vivement son parti « s’il ne lui paraissait pas être à la hauteur ». Pour l’humanisme, elle s’engageait à la fois politiquement et moralement. Grâce à l’humanisme, elle n’était pas sectaire : elle partageait cet humanisme avec des gens d’opinions politiques différentes des siennes, quels qu’ils soient.

Il note : « On repartait de chez ma grand-mère avec l’envie de faire bouger les choses ou en tout cas avec la certitude qu’elle ne s’arrêterait jamais de s’y efforcer ». Et aussi : « Quand quelqu’un voulait la faire changer de sujet, elle revenait systématiquement, inlassablement sur le sort des personnes sans abri qu’on éloigne des centres villes pour protéger les prix de l’immobilier et sur le décompte annuel de ceux qui étaient morts de froid (...) ».

Tout cela sans faire confiance aux opinions toutes faites : elle poussait à conserver, au niveau individuel, un regard critique « sur ce qui se passe en bas de chez soi, comme à l’autre bout du monde ».

Adrien Mitterrand conclut : sa grand-mère, bien après la fin de ses mandats, n’hésitait pas à écrire un article et à s’adresser aux plus hautes autorités si un événement l’indignait. Et « quand quelqu’un de cette trempe-là s’en va, il s’agit d’une perte qui laisse un vide bien au-delà de sa propre famille ».

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Elisabeth Dupuy-Mitterrand, William Mitterrand et Kamel Khrissate, ancien sous-préfet de Condom et préfet de la Haute Marne et de l'Ardèche
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Jacotte Pujo dit quelques mots
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Hommage de Christian Peyret
6 L'abbé Claude Baudé encense le cercueil 1bis 120617.jpg
L'abbé Claude Baudé encense le cercueil
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1e lecture
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Lecture du psaume
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Hommage de Michaël Aurora
8 Hommage de Jean-Pierre Pujol 1bis 120617.jpg
Hommage de Jean-Pierre Pujol
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Remerciements d'Elisabeth Dupuy-Mitterrand
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Hommage de William Affif, petit-fils de Lydie Dupuy
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