Il existe un autre d’Artagnan dans le Gers !

Jean Gaillard le prouve…

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C'est une perspective historique fascinante ! Jean Gaillard, ancien maire de Pavie, touche là un point très sensible de l'histoire locale du Gers et de sa commune. Le marquis de Besmaux de son vrai nom François de Monlezun — est effectivement l'un des personnages les plus injustement maltraités par la postérité, principalement à cause de la plume d'Alexandre Dumas.

En le qualifiant d'« autre d'Artagnan », on ne croit pas si bien dire : sa vie est un miroir presque parfait de celle de Charles de Batz de Castelmore (le vrai d'Artagnan). Tous deux sont des cadets de Gascogne partis de leur Gers natal pour conquérir Paris, et tous deux ont gravi les échelons par leur seule épée et leur fidélité absolue à la Couronne.

L'actualité fait la part belle à d'Artagnan, il est à la mode, cinégraphies, une expo extraordinaire à Lavardens, des animations à Lupiac .......et rien pour Besmaux !.

Deux destins étonnamment parallèles.

Pour bien comprendre pourquoi Jean Gaillard parle de « réhabiliter » Besmaux, il faut observer leurs trajectoires de vie :

  • Tous deux gersois,et unis par une profonde amitié, l'un issu du Chateau de Castelmore , l'autre d'une seigneurie de Pavie.
  • ils démarrent comme cadets aux Gardes françaises avant de devenir Mousquetaires.
  • Ils bénéficient tous deux de la protection du cardinal de Mazarin.
  • Ils occupent chacun des postes de haute confiance : d’Artagnan fut le geôlier de Fouquet, tandis que Besmaux devint le tout-puissant gouverneur de la Bastille.

Seules leurs fins de vie divergent : d’Artagnan meurt en héros au combat (1673), tandis que Besmaux s'éteint riche, marquis et respecté (1697).

          
Une véritable enquête policière dans les archives.

Pour réhabiliter le marquis de Besmaux, Jean Gaillard a choisi de présenter l’histoire de François de Monlezun au travers de conférences à Pavie et dans les villages alentour, s'appuyant sur un support visuel conçu comme une véritable enquête policière.

Largement documenté par les écrits d'historiens locaux réputés  (Mme O.Bordaz, Véronique Larcade, M.Jean Christian Petitfils. ..), il n’a pas hésité à se rendre lui-même aux Archives nationales et militaires à Paris, parvenant même à visiter les lieux susceptibles de détenir la dépouille de Besmaux !

Le cœur de ses recherches met en lumière un constat flagrant : la littérature a défiguré Besmaux. Pourtant, la réalité historique révèle un soldat d'élite. Avant d'administrer la Bastille, Besmaux a risqué sa vie d'innombrables fois. Il a été le messager de confiance du pouvoir, œuvrant comme un véritable "James Bond" du XVIIe siècle à travers les lignes ennemies. Il fut l'un des hommes de main les plus fiables de Mazarin durant la Fronde, une période sombre où la loyauté était une denrée rare.

Diriger la Bastille sous Louis XIV n'était pas un poste de second rang : c'était un rôle ultra-stratégique exigeant une discrétion absolue face aux complots d'État (comme la surveillance étroite liée à l'affaire de FOUQUET qui d'ailleurs à généré une embrouille avec d'Artagnan!). Parti de presque rien dans le Gers, il a signé une ascension sociale exemplaire.

Voilà pourquoi Jean Gaillard a souhaité redonner ses lettres de noblesse à François de Monlezun et à tous ces Cadets de Gascogne si précieux pour le Roi. Il se propose d’ailleurs de mettre en page toute cette enquête dans un futur livre, déjà en cours d’écriture. Vivement qu’on le trouve sur nos étals !

Des Cadets de Gascogne aux « Mousquetaires » du XV de France.

Pour clore ce récit, difficile de ne pas faire le lien avec notre époque. Le Gers n'a pas produit qu'un seul héros de cape et d'épée, mais toute une lignée de Gascons brillants. Il existe un fil d'Ariane invisible mais indestructible qui relie le XVIIe siècle de d’Artagnan et de Besmaux au XXIe siècle des terrains de rugby. Ce lien, c’est le Gers : une terre argileuse, rude, qui façonne les tempéraments et ne donne rien sans effort.

À l'époque du Roi-Soleil, la Gascogne envoyait ses plus fiers "cadets" à Paris. Sans fortune mais armés d'un courage insolent, d'un sens aigu du combat collectif et d'une fidélité à toute épreuve, ils ont conquis la cour et les champs de bataille.

Aujourd’hui, l'Histoire se répète d'une manière incroyablement similaire, non plus sur les champs de bataille de Flandre, mais sur les pelouses du Top 14 et du XV de France. Le Gers continue d'exporter ses plus redoutables combattants, formés à la dure école de la camaraderie et du combat à l’état pur, notamment au FC Auch.

Si l'on peut oser la comparaison : 

  • Antoine Dupont (le d'Artagnan moderne) : Bigourdan d'origine mais formé au FC Auch, il possède cette même vivacité d'esprit, cette électricité et ce génie de l'escrimeur à qui rien n'échappe. Il est le leader naturel, le capitaine courage du rugby français.
  • Anthony Jelonch (le digne Besmaux) : Formé à Vic-Fezensac puis à Auch, il incarne la loyauté absolue, le dévouement total pour son équipe et une résistance physique extraordinaire. Comme Besmaux en son temps sur les remparts de la Bastille ou dans l'ombre de Mazarin, Anthony est le soldat de confiance sur qui l'on peut toujours compter dans les moments les plus sombres.
  • Grégory Alldritt & Pierre Bourgarit (les forces de la nature) : Eux aussi issus de cette incroyable génération dorée auscitaine des années 2013-2014. Ils représentent cette générosité gasconne, ce rugby de terroir physique et féroce qui refuse de reculer d'un seul pouce.

« Le rugby, c'est l'histoire d'un ballon avec des copains autour, et quand il n'y a plus de ballon, il reste les copains. »

Jean-Pierre Rives

Cette célèbre citation résume parfaitement l'esprit de cette génération qui a grandi ensemble dans le Gers. Tout comme d'Artagnan et Besmaux ont ferraillé côte à côte sous la bannière des Mousquetaires, Dupont, Jelonch , Alldritt et Bourgarit ont usé leurs premiers crampons ensemble sous le maillot rouge et blanc d'Auch, scellant un pacte d'amitié et de bravoure que les années n'ont pas altéré et dont les traces sont déja suivies par Paul Graou, nouveau cadet remarqué du XV de France.

Réhabiliter le marquis de Besmaux, comme s'y attache Jean Gaillard, c'est au fond nous rappeler que notre département a toujours été un exceptionnel creuset d'hommes de l'ombre devenus indispensables au sommet. Hier par l'épée, aujourd'hui par le maillot tricolore. La bravoure gasconne n’a pas disparu : elle a simplement changé de terrain.

JCL

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